Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Le prix de l’inaction

KEYSTONE
Votation cantonale genevoise

Genève saura-t-il exorciser le passé? Il y a douze ans, le Conseil d’Etat était désavoué dans les urnes. Le peuple, répondant au référendum lancé par le MCG, n’avait pas voulu investir trois millions de francs pour cofinancer des parkings d’échange (P+R) en France voisine. Conséquence: pendant longtemps, le canton a mis un frein à toute velléité de cofinancement d’infrastructures de l’autre côté de la frontière. Pour autant, le nombre de pendulaires frontalier·ères n’a pas baissé. Bien au contraire. Avec en parallèle des embouteillages de plus en plus importants.

>Lire notre article sur le sujet.

Une situation qui n’a fait que des perdant·es: les riverain·es voient défiler des autos toute la journée sous leurs fenêtres avec des problématiques de sécurité et de santé. Les usager·ères de la route, en voiture ou transports publics, subissent des retards à n’en plus finir. Quant au monde économique, il est également pris dans des bouchons qui rendent livraisons et dépannages aléatoires. Et donc coûtent cher.

Une situation qui a poussé le Conseil d’Etat à finalement se lancer dans de nouveaux projets de cofinancement d’infrastructures transfrontalières. Le 27 septembre, le peuple votera sur un crédit de 39,5 millions de francs pour 12 projets, dont des trams et des P+R. Dans cette campagne, il a reçu le soutien d’une coalition de circonstance réunissant gauche, droite, milieux patronaux et associations de mobilité.

Aux dires des autorités, le coût des bouchons avoisine aujourd’hui les 2 millions de francs par an. Soit 24 millions depuis le refus de 2014. Bien plus cher que les trois millions économisés. Surtout, il a fait, avec les travaux, du centre-ville un enfer. Qu’on ne s’y trompe pourtant pas, la proposition n’a rien de la solution miracle. Le gain escompté représente une baisse de 5% du nombre de véhicules franchissant la frontière. C’est peu, 15’000 véhicules, mais c’est toujours ça de pris.

Mais surtout, la bataille ne doit pas s’arrêter à ce point. Pour les promoteur·ices de la mobilité douce et partagée, il convient de ne pas relâcher l’effort. Libérer de l’espace, c’est bien. L’utiliser à bon escient, c’est encore mieux. Les milieux économiques espèrent gagner en fluidité et en temps. Comprenez: circuler enfin plus facilement en direction du centre-ville. Un scénario qui ne présuppose pas encore des espaces publics libérés du bruit et de la pollution, rendus aux habitant·es, conviviaux et végétalisés. Le combat continue pour changer de paradigme.

Dossier Complet

Votations genevoises du 27 septembre 2026

Les Genevois·es se prononcent sur l’initiative «Pour une contraception gratuite», une modification de la LDTR entérinant le retour des congés-vente; le cofinancement d’infrastructures de...