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Contraception: un enjeu de santé publique

KEYSTONE
Votations

Permettre à toute la population genevoise d’accéder gratuitement à l’ensemble des méthodes contraceptives, quel que soit le statut social des unes et des autres, c’est le projet de l’initiative socialiste soumise au vote le 27 septembre prochain. La gauche, le Centre et les syndicats mais aussi Libertés et justice sociale appellent à l’accepter. Car, pour de trop nombreuses femmes, jeunes notamment, les méthodes particulièrement efficaces que sont le stérilet ou l’implant, plus onéreux, restent difficiles d’accès.

>Lire notre article sur le sujet.

La mesure aura un coût. Tout comme les interruptions de grossesse qu’une contraception peut d’autant mieux permettre d’éviter qu’elle est aussi ajustée que possible. Car l’adhésion personnelle est un puissant facteur de réussite contraceptive. La gratuité permettrait ainsi à chacune de choisir sa méthode en fonction, non pas, de ses moyens financiers, mais de paramètres personnels tels des antécédents de santé, la tolérance de l’option choisie, la confiance. Dans ce sens, la proposition du PLR genevois de limiter le remboursement du seul préservatif n’est pas satisfaisante: même si cette méthode a l’avantage réel de protéger aussi contre les infections sexuellement transmissibles, les femmes doivent avoir le choix de garder la main sur leur contraception sans qu’un incitatif économique ne biaise les options du couple. Le lien entre revenus plus faibles et recours accru au préservatif est d’ailleurs démontré.

Pour une bonne partie de la droite suisse, la contraception est une simple question individuelle. Et le Conseil fédéral, interpellé à plusieurs reprises, continue à s’opposer à ce qu’elle figure au catalogue de l’assurance maladie de base (LAMal). Ces visions reflètent aussi une grande réticence à financer la prévention. La Suisse a pourtant accepté le remboursement de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) qui évite aux personnes séronégatives de contracter le VIH. Pourquoi pas les méthodes contraceptives?

Trop souvent, la charge financière et mentale de la contraception est encore portée uniquement par les femmes, qui supportent également l’impact bien réel de celle-ci sur leur santé. La votation du 27 septembre peut permettre de corriger cette inégalité et de rappeler que les enjeux de santé publique se portent collectivement. Un choix fort dans un contexte où les mouvements anti-droits tentent toujours davantage d’entraver l’accès à la santé sexuelle.

Dossier Complet

Votations genevoises du 27 septembre 2026

Les Genevois·es se prononcent sur l’initiative «Pour une contraception gratuite», une modification de la LDTR entérinant le retour des congés-vente; le cofinancement d’infrastructures de...