Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Zones d’ombre sous l’occupation

Un Marché noir  de Bérénice Pichat juxtapose plusieurs versions d’une même histoire dans un Paris occupé. Ses protagonistes se croisent dans les réseaux de contrebande.
L'atelier d'écriture

Septembre 1941, Paris sous occupation allemande, le rationnement et la précarité. Tel se présente le décor d’Un Marché noir, dernier roman de Bérénice Pichat après La Petite Bonne. Sur cette toile de misère évoluent deux protagonistes, Servane et Paul, dont les chemins se croisent par le biais d’un réseau de contrebande. Image de leurs destins contraires, cette activité sauve la jeune femme, lui permettant de garder espoir, tandis qu’elle entraine la chute du brillant trafiquant. L’histoire se termine en même temps que la guerre, au moment de la Libération, épisode final qui permet de rétablir la vérité, mais certainement pas de rendre justice.

Mêlant habilement différents styles dans son écriture, Bérénice Pichat fait cohabiter plusieurs versions d’une même histoire, racontée sous forme de récit, de correspondance ou encore de témoignage. A l’instar de nombreux films sortis en 2026 (Les Rayons et les Ombres, La Bataille de Gaulle, Notre Salut…), son texte s’intéresse aux parcours d’acteur·ices individuel·les durant la Seconde Guerre mondiale en France.

Malgré un arc narratif un peu convenu, l’autrice construit des figures subtiles, ni héros ni ordures, simplement rattrapées par le cours de l’Histoire et par leurs zones d’ombre. Cela lui permet ainsi d’explorer de grandes préoccupations contemporaines. Comment résister lorsque la frontière entre le vrai et le faux se délite? Où se trouve le point de bascule entre survivre et se corrompre? Dans ce dédale de considérations, Bérénice Pichat parvient à trouver un ton léger et dépeint avec empathie la complexité des trajectoires humaines.

Cette chronique a été écrite par un·e étudiant·e en Lettres de l’université de Genève, dans le cadre de l’atelier d’écriture animé par Pierre Bellon.

Bérénice Pichat, Un Marché noir, Les Avrils, Paris, 2026, 276 pp.

Le Courrier sur votre écran d'accueil