L’ouragan Katrina balaye La Nouvelle Orléans et laisse derrière lui des corps sans vie. Cette catastrophe n’est néanmoins pas un cas isolé. On ne cesse de compter les incendies dévastateurs, les inondations, les éboulements, les épisodes de canicule, les tempêtes; puis viennent les conséquences, avec les morts, la disparition des espèces, la maladie, les migrations forcées, les guerres, le racisme, la précarité. Peut-on rester indifférent quand la terre brûle? Comment se sent-on face à la misère? Cela vous révolte? Sophie G. Lucas en a écrit un livre: Odessa des oiseaux.
Dans une prose poétique, Odessa nous dévoile chaque instant saillant de son existence. C’est une fille qui désire s’émanciper de sa famille pour défendre sa propre vision de la féminité, de l’amour et de la vie. Alors, comme son frère Sasha, elle décide de fuir. Sa fuite l’amène à explorer de nouveaux horizons, mais un beau jour elle découvre devant la télévision les images terribles de l’ouragan Katrina. Cette vision d’horreur la bouleverse, si bien qu’elle décide de partir documenter la catastrophe.
Alors qu’Odessa est confrontée au désastre écologique et à la violence d’Etat, sa position d’observatrice, qui limite sa capacité à s’engager activement auprès des populations locales, la conduit progressivement à sombrer dans une détresse psychologique.
Si le récit ne choisit pas la voie militante, le regard sensible et profondément humain qu’Odessa porte sur le monde nous touche au vif, et nous rend attentif à ce qui nous relie au vivant: «Sans les oiseaux, que reste-t-il de notre humanité?»
Cette chronique a été écrite par un·e étudiant·e en Lettres de l’université de Genève, dans le cadre de l’atelier d’écriture animé par Pierre Bellon.