Manifestement, cela sent le roussi pour le camp républicain aux Etats-Unis. Mardi, les Midterms, ces élections à mi-mandat, pourraient bien impliquer un basculement de majorité à la Chambre des représentants, voire même au Sénat.
Manifestement, la politique autocratique de Donald Trump finit par lui aliéner une partie de sa base: notamment les jeunes hommes, désormais moins perméables au masculinisme véhiculé par les sbires du président orange; les latinos, échaudés par les descentes de l’ICE; et même une partie de l’électorat féminin des banlieues résidentielles qui n’avaient pas été rebuté lors des précédents scrutins par la vulgarité sexiste de Donald Trump.
Une certaine prudence s’impose toutefois. Lors des précédents rendez-vous électoraux, les sondages n’étaient pas parvenus à saisir la portée et la profondeur de l’implantation du mouvement Maga (Make America Great Again). Deuxième réserve: un tel basculement se jouerait sur un nombre restreint de circonscriptions. Une quarantaine seulement, selon certains sondages1> Kim Moody, «Etats-Unis la montée en puissance des socialistes démocratique de DSA : mécontentement aux Parti démocrate », sur Europe solidaire sans frontières..
Un changement de majorité serait bien sûr une bonne nouvelle. Cela prouverait qu’il est possible de résister aux dérives fascisantes qui rongent les démocraties. Le Brésil a montré que l’extrême droite n’est pas une fatalité; une défaite du trumpisme serait une confirmation à même de donner du cœur à l’ouvrage à celles et ceux qui ne se résignent pas à l’air –brunâtre– du temps.
Un barrage. Mais rien de plus. La montée d’une gauche au sein du Parti démocrate –on se rappelle de l’élection du socialiste Zohran Mamdani à la mairie de New York– est limitée. Le Parti démocrate reste verrouillé par les caciques qui contrôlent les désignations avec des manœuvres parfois mafieuses dans des scrutins où le nerf de la guerre –l’argent– est soigneusement contingenté. La tendance des démocrates socialistes pourrait peser sept élu·es, soit 3% du groupe parlementaire des démocrates…
De fait, à Bruxelles, l’Union européenne ne table pas sur une révolution, la politique étrangère restant largement une prérogative du président: les fameuses taxes décidées par le très mercantiliste Trump pourraient bien rester en place. Le repli militaire américain du Vieux Continent est sans doute plus durable qu’il n’y parait. Et peut-on espérer une accalmie de l’embrasement du Moyen Orient, où l’attaque contre l’Iran a été décidée en tordant les normes fondamentales du droit –le Congrès étant censé donner le feu vert– et sous pression d’Israël. A moins que la nouvelle majorité lance une procédure d’enquête contre les agissements du locataire de la Maison Blanche, ne serait-ce que pour avoir gracié les émeutiers du Capitole…
Notes