La défaite est massive pour Donald Trump et le camp MAGA. Mardi, les démocrates ont pris le contrôle des deux Chambres du Congrès, tout en remportant des victoires sans précédent aux postes de gouverneurs. La vague bleue a même déferlé sur des bastions républicains comme le Texas, balayant les velléités de contestation.
Ce résultat est un camouflet pour Donald Trump, qui avait fait du scrutin une affaire personnelle. Il porte aussi un coup à son projet néofasciste. Ces vingt derniers mois, le président a mis en œuvre une politique mêlant autoritarisme, suprémacisme blanc, guerre aux migrant·es, impérialisme débridé, misogynie, haine des LGBTQX+ et de la gauche. Le tout au service des ultrariches, dont les revenus ont explosé – et du clan Trump lui-même, qui s’est copieusement servi au passage. Tandis que la classe travailleuse subissait une détérioration continue de ses conditions de vie.
Ces midterms portent aussi l’empreinte des mobilisations qui ont éclos contre ICE, les data centers des géants de la tech, l’autoritarisme du président, etc. Pourtant, rien n’est acquis. L’extrême droite étasunienne est sonnée, mais pas encore à terre. Donald Trump reste à la tête de la principale puissance militaire du monde. Il garde la main sur la politique étrangère et a annoncé qu’il ferait largement appel à son droit de veto.
Surtout, il a face à lui un Parti démocrate dont l’establishment demeure «au service des oligarques du monde des affaires, comme les républicains», pour reprendre les mots de Donavan McKinney, membre des socialistes démocrates d’Amérique (DSA), élu dimanche à la Chambre des représentant·es pour le Michigan.
Au cours des dernières années, l’aile gauche des démocrates a renforcé son ancrage social et son influence politique. Mais elle devra mener une intense bataille pour que le parti victorieux dans les urnes réponde à l’aspiration à une vie meilleure qui s’y est exprimée. «A une époque marquée par d’énormes inégalités de revenus et de richesse, nous devons (…) nous battre avec détermination pour les familles de travailleurs. Fini les excuses», résumait mercredi le chef de file de DSA, Bernie Sanders. Dans le contexte d’un capitalisme crépusculaire, la crise climatique sera un autre défi à prendre à bras-le-corps – en affrontant les intérêts de la Corporate America.
La claque reçue par Trump envoie aussi un signal à l’échelle internationale. En particulier en Amérique latine, où le chef d’Etat étasunien a kidnappé illégalement le président vénézuélien en exercice, Nicolas Maduro, réduit la population cubaine à la famine et interféré dans tous les processus électoraux pour raffermir son emprise impérialiste sur le continent.
Après les défaites de Viktor Orban en Hongrie et de Flavio Bolsonaro au Brésil, celle de l’autocrate étasunien prouve qu’on peut gagner contre l’extrême droite. Cela passe notamment par des campagnes de terrain, couplées à de larges mobilisations, défendant des mesures concrètes favorables aux classes laborieuses. Tout en dénonçant l’alliance tissée entre l’extrême droite et une élite capitaliste déterminée à éviter toute redistribution des richesses.
Une invitation à continuer la lutte contre la peste brune. Jusqu’au K.O.