Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Le coup de pression de Mamdani

Zohran Mamdani s’était engagé, durant sa campagne, à appliquer le mandat d’arrêt de la CPI en arrêtant Benyamin Netanyahou si celui-ci devait fouler le sol new-yorkais. KEYSTONE PRÉTEXTE
États-Unis

C’est une pierre lancée par Zohran Mamdani dans le jardin de Donald Trump. La fin du pacte de non-agression entre le maire de New York et le président des Etats-Unis?
Le champion des démocrates socialistes s’était engagé, durant sa campagne, à appliquer le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) en arrêtant Benyamin Netanyahou si celui-ci devait fouler le sol de la Big Apple. Il l’a répété dans une récente interview au New York Times, en prévision de la venue du premier ministre israélien à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre.

Hier, changement de ton: «Nous ne disposons pas de l’autorité juridique indépendante nécessaire pour faire exécuter ce mandat», a reconnu Mamdani dans une brève allocution sur les réseaux. Il a assorti son constat d’un appel solennel aux autorités fédérales à agir. La manœuvre est habile, mais risquée. Elle vise à faire sortir le lion orange de sa retenue. Trump mesure probablement l’abîme de popularité qui, à New York, le sépare du jeune prodige de la gauche. En position de force, ce dernier vient de placer trois de ses protégé·es en tête des primaires démocrates pour les élections de mi-mandat au Congrès, en novembre.

L’appel à Washington est donc un défi, et une réponse au discours incendiaire tenu par Marco Rubio le 13 juillet. Le faucon en charge de la politique extérieure s’est répandu sur la «menace» que représente la justice internationale pour les Etats-Unis. L’éventail de mesures préconisé contre la CPI a accentué l’inquiétude, dans un contexte où la loi du plus fort s’impose comme la norme des relations internationales.

C’est aussi sur son propre parti que Zohran Mamdani, indirectement, met la pression. La complaisance de l’establishment démocrate vis-à-vis d’Israël est de plus en plus contestée à l’interne, notamment dans cet électorat jeune qui a massivement soutenu le nouveau maire de New York. Le round d’observation est terminé.