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Pister l’IA: le bavardage d’Anthropic

Sismogramme 1/20

Rentrée oblige, les articles sur l’intelligence artificielle générative (IAg) se généralisent… Voilà trois ans ou presque que ça dure. On a même l’impression que si d’aventure la bulle éclatait, cela n’y changerait goutte. Reste peut-être à savoir pourquoi on parle autant d’elle. Dans la plupart des cas, il n’y a pas à chercher bien loin: sans cela les sociétés d’IAg peineraient à attirer autant l’attention des investisseurs. Peu importe d’ailleurs qu’on en dise du bien ou du mal, qu’on prédise à l’IAg un règne sans fin ou sa fin prochaine (ou la nôtre, selon certains scenarii apocalyptiques), l’important est qu’on continue à parler d’elle. Dans Le Temps, par exemple, on nous parle d’Anthropic qui nous dit avoir mis au point «une nouvelle méthode pour identifier les textes écrits par son système», une étiquette numérique (watermark) apposée aux productions de Claude. L’enjeu est de taille, et pas seulement dans le cadre scolaire. Le problème c’est que ceci ressemble fort à du bavardage, puisqu’on apprend dans le même temps qu’il n’est pas très difficile de déborder le système et que, surtout, cette nouveauté permettra à terme de «concevoir de meilleures attaques pour effacer le watermark». Quand je vous disais que ça radote.

– A. Seydtaghia, Le Temps, 17 août 2026

Enseignant·es en résistance

Tout est affaire de surprise, reste à savoir de quoi faut-il vraiment être surpris. Surpris du fait que l’école devienne de plus en plus IAcompatible? Ou surpris du fait que des enseignantes et enseignants relèvent la tête face aux tendances IAphages ou IAmanes traversant notre société?

– C. Din, 24 Heures, 25 août 2026

Ce que l’IA n’avait pas prévu

Pas besoin de tomber dans le panneau ni de croire sur parole le premier technophile venu, ni même d’imaginer que l’IAg soit capable de quoi que ce soit pour savoir que la simple collecte de données laisse deviner ce que nous nous apprêtons ou non à faire. Nous laissons tellement de traces derrière nous qu’il n’est pas nécessaire d’être très intelligent ni très perspicace pour anticiper nos faits et gestes à venir. Et pourtant, qui aurait pu anticiper un tel revirement d’opinion. Alors que l’année passée les data centers laissaient de marbre bon nombre d’Etasunien·nes, ils et elles sont aujourd’hui 75% à se dire contre. Plus impressionnant, 40% des projets sont abandonnés, tandis que les critiques arrivent de tous les côtés, mais surtout des deux bords politiques. Les raisons, selon Erin Brockovich – la vraie, pas Julia Roberts: «Les dégâts ne font pas de politique.» Et les dégâts sont là: «eau siphonnée», «nature saccagée», «bourdonnement continu», «rejet de PFAS» et «goinfrade d’électricité qui tient de la gloutonnerie la plus débridée», sans compter une montagne de déchets à venir. Inutile de préciser que la fronde monte également en Suisse.

– J.-L. Porquet, Le Canard enchaîné, 26 août 2026

Géographe, écrivain et enseignant, Alexandre Chollier capte les mouvements de l’intelligence artificielle générative (IAg) et les chocs qu’elle provoque dans l’école et au-dehors.
Un sismogramme pour décrire, et faire réagir, à retrouver au fil d’extraits publiés deux fois par mois dans Le Courrier durant toute cette année scolaire.

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