Édito

La solidarité comme antidote

La solidarité comme antidote
La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga et le conseiller fédéral et ministre de la santé Alain Berset ont annoncé lundi l'état d'urgence dans toute la Suisse pour lutter contre le coronavirus. KEYSTONE
Coronavirus

Un pays au ralenti, une atmosphère qui s’épaissit, des mesures fortes attendues. Or, à situation exceptionnelle… cacophonie exceptionnelle! Incapables même de se coordonner, Genève, Vaud puis le Conseil fédéral ont débité successivement lundi un ensemble de mesures technocratiques et parfois contradictoires. Muet durant trois semaines, l’exécutif fédéral s’exprimait pourtant pour la seconde fois en quatre jours. Bientôt toutes les trois heures?

Dur à suivre sur la forme, le message fédéral demeure néanmoins clair sur le fond. La solidarité nationale est un vain mot et l’intérêt commun, hors les vies à sauver, serait essentiellement de maintenir à flot notre économie de marché. Au moment où le citoyen aurait besoin d’un message rassembleur, il constate le confinement pour les uns, des corvées aggravées pour les autres; des compensations financières versées aux entreprises, mais rien pour les indépendants et les précaires; la culture, les commerces et les services de proximité fermés, liberté totale pour les autres secteurs de décider ce qui est bon pour nous et pour leurs employés; l’école et les services de garde interrompus, mais l’obligation de travailler maintenue, etc. A croire que, face au virus, la multinationale est plus vulnérable que le temporaire ou l’indépendant.

Civisme à l’envers

Devant cette leçon de civisme à l’envers dispensée par Berne, la mansuétude de la presse et des principaux partis est choquante. Sous prétexte d’unité nationale, on normalise l’iniquité, les deux poids deux mesures. Comment ensuite en vouloir à ces personnes qui cèdent au chacun pour soi, se ruant sur les denrées de première nécessité au risque de créer de toute pièce une pénurie bien évitable?

Or, au risque de se répéter: face à la crise qui point dans les services médicaux d’urgence, le sens de l’intérêt commun est notre planche de survie. Nombre de citoyens l’ont bien compris. Nous présentons certaines de leurs initiatives solidaires dans ce numéro, le premier du Courrier réalisé presque intégralement en télétravail. Nous essaierons de maintenir cet essentiel autrement1Les conditions de production et surtout de distribution ne pouvant être garanties en tout temps, nous invitons nos lecteurs à consulter notre site Internet en cas de non livraison de votre journal par La Poste. Merci pour votre compréhension.tout au long de cette période incertaine, car nous savons que l’information indépendante, critique mais responsable, et les valeurs qui fondent ce journal sont, en de tels moments, encore plus indispensables.

Prenez soin de vous… et de vos semblables!

Notes   [ + ]

1. Les conditions de production et surtout de distribution ne pouvant être garanties en tout temps, nous invitons nos lecteurs à consulter notre site Internet en cas de non livraison de votre journal par La Poste. Merci pour votre compréhension.
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