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«Ne passez pas vos vacances en Turquie!»

Turquie

«Votre argent ne doit pas contribuer à la campagne d’épuration ethnique entreprise par Erdogan contre des enfants, des femmes, des hommes.» Un appel lancé au niveau européen et relayé par les Kurdes de Genève 1La diaspora kurde de Genève rappelle que plusieurs politicien-ne-s genevois soutiennent la campagne de boycott du tourisme en Turquie. Le 16 avril, le maire de Genève, Rémy Pagani, a notamment appelé les Suisses et les Européens à «ne pas participer à la guerre en allant en Turquie pour les vacances», ndlr.exhorte à ne pas se rendre en vacances en Turquie afin de ne pas financer indirectement la guerre antikurde menée par le pouvoir turc.

La Turquie est actuellement la sixième plus grande destination touristique au monde, attirant plus de 30 millions de touristes par an. Le revenu annuel du tourisme en Turquie est estimé à plus de 25 milliards de dollars, d’après les chiffres de 2017. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, compte sur une augmentation à 86 milliards de dollars cette année. L’argent dépensé pour les vacances en Turquie sera injecté dans le budget de la défense, transformé en missiles, gaz lacrymogène, chars et tireurs d’élite.

Aujourd’hui, le gouvernement turc devient de plus en plus autocratique avec un président qui a renforcé sa mainmise sur le pouvoir, après un référendum à la légitimité contestable organisé en 2017 pour l’instauration d’un régime présidentiel. Erdogan a mené des purges massives au sein du gouvernement, de la justice et de l’armée. La Turquie est la première prison au monde pour les journalistes.

Le régime autoritaire d’Erdogan instrumentalise l’islam pour accroître son pouvoir, méconnaît les droits des femmes, des minorités religieuses et ethniques, comme les Alévis et les Yézidis. L’antisémitisme et la rhétorique antichrétienne sont ancrés dans son discours. A première vue, les visiteurs étrangers sont les bienvenus en Turquie, mais la moindre critique émise contre la politique d’Erdogan peut leur valoir une arrestation, une détention, au mieux une expulsion du territoire.

Le gouvernement d’Erdogan a repris sa campagne militaire et politique de négation et d’oppression des Kurdes. Des milliers de personnes – journalistes kurdes et non kurdes, députés, maires, dirigeants politiques, enseignants, artistes, féministes, etc. – ont été arrêtées. A partir de 2015, la Turquie a déployé ses forces militaires dans les régions kurdes pour réprimer toutes formes de contestation et de résistance. Plusieurs villes de ont été rasées, totalement ou partiellement, par les bombardements. Des centaines de civils ont été massacrés et, selon les Nations Unies, près d’un million de personnes ont été jetées sur les routes de l’exil par cette guerre antikurde.

L’argent de vos vacances ne sera pas utilisé pour construire une Turquie meilleure. Il servira à financer la machine de guerre turque, à renforcer les alliés djihadistes de la Turquie et sera utilisé pour souffler encore plus sur les braises de la guerre au Moyen-Orient et aggraver encore la crise des migrants. La Turquie mène une campagne militaire agressive pour déstabiliser la Syrie et renforcer les groupes djihadistes dont les objectifs vont au-delà du Moyen-Orient. Les attaques récentes et la guerre d’invasion de la Turquie contre Afrîn, un des cantons de la Fédération démocratique du nord de la Syrie, constituent de graves violations du droit international. (…)

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Notes   [ + ]

1. La diaspora kurde de Genève rappelle que plusieurs politicien-ne-s genevois soutiennent la campagne de boycott du tourisme en Turquie. Le 16 avril, le maire de Genève, Rémy Pagani, a notamment appelé les Suisses et les Européens à «ne pas participer à la guerre en allant en Turquie pour les vacances», ndlr.

* Campagne initiée par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), membre du réseau européen d’associations kurdes Congrès de la Société démocratique en Europe (KCDK-E).

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