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Boycotter Mepha-Teva (3/3)

Composé de professionnel·les des soins et du social, le groupe Santé social pour la Palestine (SSPP) appelle au boycott de Mepha-Teva, leader des génériques en Suisse, dont les bénéfices soutiennent l’effort de guerre israélien. Pour clore cette série de trois agoras, le collectif tire un bilan d’étape de sa mobilisation de terrain et en trace les prochaines perspectives.
Genève

Lancer une campagne de boycott contre Mepha-Teva représentait un objectif gigantesque pour le collectif minuscule qu’est Santé social pour la Palestine. Cette première action d’envergure amorce une liste d’engagements ambitieux dont nous n’avons pas encore réalisé tous les points. Cependant, malgré son échelle restreinte, ce mois d’intensification du boycott est resté visible et devrait amorcer une prise de conscience chez les usagères et les usagers des pharmacies. Comme nous n’avions pas défini de méthode d’évaluation avant de lancer nos actions, il serait aujourd’hui prématuré, difficile et coûteux d’enquêter sur la portée du travail accompli en mai.

En ce 31 mai, nous faisons le bilan de cette initiative locale, et c’est bien là son originalité: nous n’avons pas juste dit qu’il fallait boycotter Mepha-Teva, nous avons accompagné notre parole de gestes modestes dans notre environnement quotidien.

Notre campagne de boycott a commencé dès le 28 avril avec une table ronde motivante, réunissant environ 60 personnes pour échanger avec Swiss Healthcare Workers Against Genocide (SHWAG), le Collectif Urgence Palestine (CUP), Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), ainsi qu’avec un médecin employé des HUG et une pharmacienne de la ville. Nous avons pris la parole à trois reprises lors des rassemblements de la place Bel-Air organisés par le CUP, ainsi que lors de la cérémonie du Premier mai à la pierre de Plainpalais. Le Courrier nous a également accordés à trois reprises un espace dans sa rubrique Agora (lire les deux autres billets en lien ci-dessous).

> Lire aussi notre article: Quand la pilule ne passe plus

Nous avons préparé et envoyé une lettre ouverte aux autorités sanitaires cantonales et fédérales pour demander qu’elles cessent toute collaboration avec Mepha-Teva. Cette lettre est accessible sur notre site. Un appel vient aussi d’être lancé aux pharmaciennes et aux pharmaciens du canton pour leur demander de cesser, dans la mesure du possible, la publicité pour Mepha et la vente de ses produits. Nous avons tenu trois piquets devant trois pharmacies devant lesquelles il y a un passage intense. Nous avons distribué à ce jour environ 500 flyers et nous avons collé plus de 1000 stickers appelant au boycott Mepha-Teva. D’autres modestes événements pourraient encore avoir lieu dans les semaines qui suivent, comme des contacts avec d’autres groupes solidaires avec la Palestine en Suisse romande et en France voisine.

Le côté problématique, c’est que nous n’avons pas réussi, en quelques semaines seulement, à prendre contact avec l’ensemble des milieux solidaires avec la Palestine à Genève, pour que les travailleur·euses de la santé et du social aient la volonté de nous rejoindre. C’est une prochaine et difficile étape pour les mois qui viennent, car, depuis le prétendu cessez-le-feu du 10 octobre 2025, une vague d’oubli frappe Gaza et la Palestine. Un des journalistes du Courrier, Guy Zurkinden, a écrit un éditorial intitulé «Palestine, refuser l’oubli». Nous refusons cet oubli.

Il reste à voir si nous serons capables de compléter rapidement notre équipe, qui n’a fait que s’amenuiser au cours de ces derniers mois. En septembre, si nous parvenons à former un collectif santé-social d’une dizaine de personnes, nous pourrons peut-être réussir à concrétiser ce que nous déclarons dans la présentation de notre groupe, à savoir: «Participer de manière visible dans les manifestations pour la Palestine».

Nous nous adressons aux travailleuses et aux travailleurs de la santé et du social car Israël n’a cessé d’attaquer le peuple palestinien, notamment en détruisant son système de santé physique et psychique, et en ciblant celles et ceux qui le faisaient fonctionner. D’où notre appel à tout le personnel sanitaire genevois, qui comprend certainement ce que veulent dire de telles destructions. Alors, «aides-soignant·es, animateur·ices, assistant·es sociaux·ales, dentistes, éducateur·ices, ergothérapeutes, infirmier·ères, logopédistes, médecins, obstétricien·nes, ostéopathes, pédiatres, pharmacien·nes, physiothérapeutes, sages-femmes, etc.»: rejoignez-nous!

sante-social-pour-la-palestine.ch

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