Des méthodes «d’une brutalité inouïe», selon une lettre adressée à Tamedia, le silo des titres payants de la holding TX Group, dont font partie notamment la Tribune de Genève et 24heures. Depuis quelques jours, les noms des personnes licenciées sont égrenés.
Treize personnes (41 au niveau suisse) restent sur le carreau pour les titres romands. Un guichet de départ avait été mis en place. Selon ce que Le Courrier a appris, dix-huit personnes ont dit leur intérêt pour le plan social. Quatre dossiers ont été refusés. En revanche, des personnes désireuses de rester en place ont été licenciées.
Dont deux délégué·es du personnel ayant participé aux négociations avec la partie patronale. De là à penser qu’ils et elles ont été ciblé·es, il n’y a qu’un pas. Les employé·es de Tamedia évoquent «un climat de terreur». Au vu de ces pratiques antisyndicales, qui osera désormais se mettre en avant pour défendre l’intérêt de ses collègues?
Une pratique adoubée par la jurisprudence suisse, en l’absence d’une législation protégeant les délégués syndicaux. Qui constitue d’ailleurs une violation crasse de la Convention 98 de l’Organisation internationale du travail.
Une protection minimaliste est prévue dans le cadre des mesures d’accompagnement des bilatérales III. Voulue par le Conseil fédéral pour amadouer les syndicats, elle est combattue par la droite patronale. Elle doit encore passer le cap du National.
Le coup de force de Tamedia peut soit traduire cette vision patronale inflexible, soit signifier une volonté de faire table rase de toute résistance avant que cette mesure de protection ne soit, le cas échéant, adoptée. Les deux hypothèses se rejoignent dans un constat de pur cynisme patronal.
L’équipe du Courrier dit ici son soutien aux confrères et consœurs malmené·es dans leurs droits et leur environnement professionnel.