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Chronique d’un génocide annoncé

Voiture bombardée par l'armée israélienne le 27 septembre dernier à Gaza City. Une personne occupant le véhicule a été tuée et deux autres blessées. KEYSTONE
Gaza

«Le peuple palestinien court un grave risque de génocide. Il est temps d’agir.» L’alerte est lancée le 2 novembre 2023 par sept expert·es de l’ONU. A ce moment-là, plus de 10’000 personnes ont déjà perdu la vie à Gaza dans les bombardements, les blessé·es se comptent en dizaines de milliers, le nombre de déplacé·es excède le million.

Trois ans ont passé et le constat est accablant. Le bilan, a minima, s’élève à plus de 74’000 tué·es. Gaza est un amas de ruines. Le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025 a mis fin à la phase la plus brutale du génocide, rétablissant une partie de l’aide humanitaire. Mais la mort frappe toujours quotidiennement.

«En trois ans d’une guerre génocidaire, Israël a méthodiquement détruit les conditions de vie des Palestiniens à Gaza», souligne Médecins sans frontières. Cette perspective, la Cour internationale de justice en avait conscience lorsqu’elle a ordonné à Israël, en janvier 2024, d’empêcher tout acte de génocide et de punir l’incitation à en commettre. Echec du droit international. Naufrage moral et politique.

Car qu’ont fait les puissances occidentales, à commencer par les Etats-Unis, sinon faire tourner la machine de mort à plein régime? Business first. Le «droit d’Israël à se défendre» a légitimé l’annihilation froide et indiscriminée – on ira voir Naza si nécessaire, sur grand écran, pour la pleine mesure du processus génocidaire. Le consentement des chancelleries a été quasi total, la participation active. La répression des voix dissidentes, partout – y compris en Suisse –, a marqué un grave recul des droits démocratiques. Faillite médiatique, aussi, que déplorent nombre de confrères et consœurs en «off» – le constat est le même dans les syndicats, dans les partis de la gauche institutionnelle qui ont tardé à prendre la pleine mesure du génocide, comme nous le relatons aujourd’hui. La société civile a donc endossé la responsabilité de manifester, semaine après semaine, de se réunir et de s’éduquer sur la Palestine et le fait colonial. Elle a occupé les campus, embarqué à bord de flottilles brutalement arraisonnées.

Assiste-t-on à une bascule? Un frémissement. «D’allié ‘démocratique’ à Etat paria», écrivions-nous en mai 2024, au moment où la Cour pénale internationale émettait ses mandats d’arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahou et de son ministre de la Défense, Yoav Gallant. Le changement ne viendra pas d’Israël, quelle que soit l’issue des élections législatives du 27 octobre. Les midterms du 3 novembre, aux Etats-Unis, pourraient amorcer un virage chez le grand protecteur.

Pour l’heure, nos pensées vont vers Gaza et la Cisjordanie. Vers une population qui vit dans la terreur de son effacement. Solidarité, justice.

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