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Défendre la flottille pour Gaza

Pour justifier l’emprisonnement des deux activistes (ici Saïf Abu Keshek), le procureur les accuse d’«aider un ennemi étranger» et de «soutenir une organisation terroriste» – sans fournir aucune preuve. KEYSTONE
Gaza

Six jours de plus dans les geôles israéliennes. Mardi, le tribunal d’Ashkelon a prolongé au moins jusqu’à dimanche la détention de Saïf Abu Keshek et de Thiago Ávila, les organisateurs de la flottille Globale Soumoud kidnappés jeudi en eaux internationales, au large de la Grèce.

Cette décision est lourde de dangers pour les deux militants, dénonce l’ONG Adalah, chargée de leur défense: les ressortissants espagnol et brésilien ont été passés à tabac, menacés de mort, et leurs conditions de détention s’apparentent à de la torture. Ces maltraitances n’ont malheureusement rien d’étonnant: dans les prisons israéliennes, la banalisation des sévices relève d’une «entreprise collective» visant à briser la population palestinienne, souligne le dernier rapport de Francesca Albanese.

Pour justifier l’emprisonnement des deux activistes, le procureur les accuse d’«aider un ennemi étranger» et de «soutenir une organisation terroriste» – sans fournir aucune preuve. En réalité, l’Etat hébreu veut punir leurs tentatives – la cinquième pour Thiago Ávila – de rompre le blocus imposé à Gaza. En mobilisant son appareil militaire et judiciaire contre une action humanitaire totalement pacifique, Israël poursuit un double objectif: décourager le mouvement de solidarité avec Gaza et maintenir l’étranglement de l’enclave, dans la continuité du génocide entamé le 7 octobre 2023.

Dénonçant, à juste titre, l’arrestation «totalement illégale» de Saïf Abu Keshek et Thiago Ávila, les gouvernements espagnol et brésilien réclament la libération immédiate de leurs ressortissants. En revanche, le reste de la communauté internationale regarde ailleurs, alors que ce sont près de 180 personnes, issues d’une vingtaine de pays, qui ont été arrêtées illégalement et brutalisées par les soldats israéliens, à quelques encablures de la Crète.

Refuser de réagir face à cette nouvelle violation du droit international par Israël équivaut à l’accepter. Cette apathie illustre la politique adoptée par les principaux Etats occidentaux depuis ledit «cessez-le-feu» d’octobre 2025: faire oublier le génocide en cours, ainsi que l’accélération de la colonisation et du nettoyage ethnique à l’œuvre en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Une indifférence meurtrière partagée par le Département fédéral des affaires étrangères, qui a annoncé qu’elle limiterait «au minimum légal» son assistance aux ressortissant·es helvétiques membres de la flottille.

Dans ce contexte, il est fondamental d’augmenter la pression en faveur de la libération de Saïf Abu Keshek et de Thiago Ávila – ainsi que des milliers de prisonnier·ères politiques palestinien·nes torturé·es par Israël.

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