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Mortel cessez-le-feu à Gaza

Au moins deux Palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés lors d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la plage de Khan Yunis, ce mercredi 17 juin. KEYSTONE
Gaza

«Il y a des morts tous les jours. Ils éliminent les enfants qui s’approchent de la ligne jaune pour ramasser du bois qu’ils peuvent vendre pour cuisiner et aider leur famille (…) Parfois, je ne sors tout simplement pas de la tente, par peur. Nos vies sont un véritable calvaire», témoignait cette semaine un habitant de Gaza, réfugié dans le camp de Mawasi, au sud de l’enclave (Haaretz, 17 juin 2026).

Les cadavres continuent à s’accumuler, malgré la trêve de papier signée le 10 octobre dernier. Depuis l’entrée en vigueur du mal nommé «cessez-le-feu», 1003 Palestinien·nes ont été tué·es par l’armée israélienne à Gaza, a indiqué mardi le Ministère de la santé de l’enclave. Parmi les victimes, 253 enfants. Depuis le 7 octobre 2023, plus de 73’000 Gazaoui·es ont été fauché·es par les balles de l’Etat hébreu, selon les statistiques officielles – et plus de 173’000 blessé·es. Des milliers d’autres sont mort·es de faim, ou de maladies impossibles à soigner en raison du blocus israélien.

Comme l’ont dénoncé récemment plusieurs organisations internationales, dont Amnesty et Médecins sans frontières, le génocide continue à Gaza. L’arrêt des hostilités, annoncé à grand fracas par Donald Trump, le principal allié de Benjamin Netanyahou, était un trompe-l’œil. Israël a continué ses bombardements, du nord au sud de l’enclave. Depuis le début juin, leur rythme s’est même intensifié.

En parallèle, l’Etat hébreu a mis la main sur plus de 60% du territoire palestinien et Benjamin Netanyahou ne cache pas sa volonté de faire main basse sur sa totalité. Quant à la situation humanitaire, elle reste catastrophique: le blocus israélien continue à étrangler l’enclave, empêchant la reconstruction des infrastructures essentielles à la survie de sa population. La situation est si dramatique qu’elle a poussé le Conseil fédéral, pourtant peu enclin à la critique envers son allié à Tel-Aviv, à cosigner, le 8 juin, une déclaration l’appelant à desserrer son étau sur Gaza.

Une fois de plus, ces paroles n’ont été suivies d’aucun acte. Comme la quasi-totalité des Etats occidentaux, la Suisse préfère soigner ses relations économiques avec l’Etat hébreu. Tout en réprimant, comme dimanche dernier à Genève, les contestations de l’ordre mondial qui tolère – et favorise – le génocide en cours.