La colonisation des terres palestiniennes s’accélère à un rythme sans précédent. Entre 2023 et 2025, 102 nouvelles colonies ont été créées. Les colons ont pris le contrôle de plus de mille hectares supplémentaires, tandis que les avant-postes en contrôlent de facto plus de 110 000, selon Peace Now et Kerem Navot.
Derrière l’objectif d’annexion de la Cisjordanie, un outil décisif: l’agriculture. Des terres sont accaparées pour produire les dattes, les mangues, les avocats et les agrumes que nous retrouvons sur les étals de nos supermarchés. Les paysan·nes palestinien·nes sont expulsé·es, privé·es d’eau et de ressources, parfois contraint·es de travailler pour les personnes qui les ont exproprié·es.
La quatrième Convention de Genève interdit le transfert de colons vers les territoires occupés. Les Etats parties ont l’obligation de ne pas prêter assistance au maintien d’une situation illicite. Pourtant, la Suisse, comme la plupart des pays européens, n’interdit pas le commerce avec les colonies. Ces Etats ont imaginé un plan de différenciation afin que les produits cultivés sur des terres volées ne bénéficient pas, à leur importation, de l’accord de libre-échange conclu avec l’Etat hébreu.
Ce dispositif est de la poudre aux yeux. Une enquête de l’ONG Global Echo montre comment un mécanisme de dissimulation de l’origine coloniale des marchandises a été mis en place. Les enquêteurs ont analysé 30 000 documents d’exportation portant sur 5900 envois agricoles d’Israël vers l’Europe. Ils concluent que 17% concernent en réalité des denrées produites en territoires occupés.
Ce commerce consolide une situation illégale et enterre chaque jour davantage la possibilité d’un Etat palestinien. Pendant ce temps, nos dirigeant·es s’enlisent dans des discours creux, refusent d’esquisser la moindre sanction contre leurs partenaires historiques et piétinent le droit à l’autodétermination de millions de personnes.
L’enquête a rencontré un vaste écho et nourrit les discussions visant à interdire toute relation économique avec les colonies. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut rompre tous les liens avec l’Etat colonisateur et frapper son porte-monnaie.
C’est le combat que porte le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) depuis 2005 déjà. Le chemin peut paraître sinueux, mais nous devons absolument l’emprunter. Le boycott de l’Afrique du Sud a été lancé trente-cinq ans avant la chute du régime. Refuser de soutenir l’apartheid n’est pas un choix de consommation, mais une obligation éthique, et politique.