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Malaisie: accord inégal

Les conditions de production d'huile de palme en Malaisie sont scandaleuses, tout droit héritées de l’époque coloniale. KEYSTONE
Accord de libre-échange

La Malaisie est l’un des principaux pays producteurs d’huile de palme, l’huile végétale la plus consommée au monde. Dénoncées à maintes reprises, les conditions de production sont scandaleuses, tout droit héritées de l’époque coloniale. La population malaisienne a d’ailleurs déserté les plantations, laissant la place à une main-d’œuvre migrante malléable à merci et sans défense.

En Suisse, la société civile a alerté à maintes reprises sur le travail forcé qui ronge la filière, alors que le Conseil fédéral préparait un accord de libre-échange avec la Malaisie.

Cet accord, qui a rallié la majorité du parlement, prévoit des réductions de droit de douane pour ces cultures, comme pour d’autres produits. Il contient un vague chapitre dédié à la durabilité, avec des mesures non contraignantes. Au début de l’été, la gauche et les organisations de la société civile ont donc lancé un référendum.

En plus de favoriser le travail forcé, les grandes monocultures d’huile de palme engendrent des déforestations massives, menacent la sécurité alimentaire et chassent des habitant·es de leurs terres. Et ce n’est de loin pas le seul point problématique de l’accord. Pour répondre aux intérêts de la pharma, la Suisse impose une protection des droits de propriété intellectuelle, qui limite l’accès de la population aux médicaments abordables. L’accord s’attaque également à l’autonomie des paysan·nes, avec des règles sur les semences qui profitent à l’agroindustrie.

Cet accord de libre-échange désastreux n’est que le symptôme d’une logique délibérée d’exploitation de pays dominants sur des régions du monde qui n’ont d’autres choix que d’accepter les règles du jeu, au risque de se trouver exclues du commerce international. Le Conseil fédéral justifie la conclusion de l’accord par ses effets bénéfiques sur la compétitivité de l’économie suisse. Il participe ainsi à une logique néocoloniale, en imposant ses règles à un pays dont l’économie repose sur l’exportation de ses ressources.

Dopés par les incertitudes liées à la politique étasunienne, ces accords de libre-échange se multiplient. Prochaine étape: l’accord avec le Mercosur. Face aux crises écologiques et sociales, il est essentiel de repenser fondamentalement les échanges internationaux. Pour cela, la résistance politique et citoyenne doit se renforcer, pour refuser ces accords au profit d’alternatives plus égalitaires et qui mettent la préservation du vivant au centre des préoccupations. Il en va de notre avenir commun.

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