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Sécurité ou juteux profits?

KEYSTONE
Armement

Dans deux mois, le Souverain suisse votera sur l’allègement des normes permettant d’exporter du matériel de guerre. Attention: bourrage de crânes en perspective.

La Wochenzeitung – l’hebdomadaire alémanique avec lequel Le Courrier entretient un partenariat rédactionnel – a publié une enquête sur l’état des exportations du matériel militaire suisse. Un travail réalisé à partir d’une base de données1>https://rüstungsreport.ch tenue à jour par le journal.

>Retrouvez l’article sur notre site.

Ces chiffres mettent en évidence une industrie en pleine expansion. Ces exportations ont progressé de 43% l’an passé pour un total de 2,77 milliards de francs suisses.  Et cette tendance – impulsée par la guerre menée par la Russie  en Ukraine – se maintient. Ce qui bat en brèche un argument servi plus qu’à foison. Celui d’un nécessaire assouplissement des restrictions d’exportations pour maintenir une industrie suisse qui serait exsangue.

D’ailleurs, le chiffre est révélateur, l’industrie estampillée «suisse» ne l’est que très partiellement. Sur la cinquantaine de fabricants d’armes concernés par ces autorisations de vente à l’étranger, seuls deux ont leur siège social en Suisse pour une part de moins de 10% des exportations. Les neuf autres sont basés à l’étranger.

Enfin, relevons la prédominance d’un partenaire hégémonique qui capte les trois quarts des exportations approuvées. Il s’agit de l’allemand Rheinmettal qui a doublé son chiffre d’affaires en dix ans, passant de 5 à 10 milliards d’euros. Et qui vise 50 milliards en 2030….

Bref, plus que de sécurité, il est surtout question de juteux profits. Il convient de garder cette réalité à l’esprit lorsque la campagne nous inondera d’annonces et propagande en tous genres, financées par cette industrie de la mort.