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Après Gisèle, Paula et Iwona

Gisèle Pelicot, au centre, participait à une mobilisation le 8 mars dernier à l'occasion de la Journée des droits des femmes. KEYSTONE
Culture du viol

D’abord, il y a eu Gisèle… Aujourd’hui, ce sont Paula et Iwona qui rejoignent la liste des femmes courageuses qui brisent le silence sur le viol par soumission chimique. Un député UDC argovien aurait drogué aux moins trois femmes avant de les violer inconscientes: sa compagne Iwona, la fille de celle-ci, Paula, âgée à l’époque de 15 ans, et son ex-femme, dont le nom n’a pas été rendu public. Les deux premières ont décidé de témoigner ouvertement dans le Tages Anzeiger.

«La police a saisi des vidéos et des photos attestant de dizaines d’agressions, souvent graves, commises à une époque où le Grand Conseil prenait position contre les étrangers criminels et les pédophiles», écrit le journal qui a révélé l’affaire. Le prévenu, placé en détention préventive, nie avoir drogué ses victimes. Le Ministère public demande la réclusion à perpétuité car en plus de les droguer, le député UDC a failli les tuer.

Le mode opératoire rappelle celui de Dominique Pélicot. Même si, d’après les informations disponibles, l’Argovien aurait n’aurait pas recruté d’autres hommes pour violenter ces femmes. D’autres dossiers, notamment en France, en Allemagne, en Belgique et en Suède, illustrent que les agresseurs ne sont pas «des monstres», mais plutôt «Monsieur tout le monde» et souvent le conjoint. En mars dernier, une enquête de CNN dévoilait l’existence d’un site internet sur lequel des utilisateurs partageaient des vidéos d’agressions sexuelles et des conseils sur comment sédater les victimes. Cette plateforme, renommée «académie du viol», enregistrait 62 millions de vues en février 2026. «Pas tous les hommes», s’insurgent nos homologues masculins, mais beaucoup quand même…

L’affaire argovienne renvoie en boomerang à l’UDC son instrumentalisation de la défense des droits des femmes pour alimenter ses discours racistes. Lors de la campagne pour le renvoi effectif des étrangers criminels, le parti prétendait que la majorité des viols étaient commis par des étrangers. Ici, un élu UDC a violé la fille de sa compagne d’origine polonaise, seulement douze jours après l’avoir fait venir en Suisse.

La littérature scientifique est unanime: les violences sexistes et sexuelles existent dans toutes les sociétés et dans toutes les classes sociales. En revanche, si tous les hommes ne commettent pas des violences sexuelles, 97 % des mis en cause pour des infractions à caractère sexuel sont de sexe masculin. Les femmes dénoncent ces abus depuis des décennies, mais les hommes restent résolument trop discrets. Ils sont le problème et doivent tous s’engager pour y remédier!