Alors qu’une nouvelle canicule s’abat sur la Suisse et que le bilan des chaleurs extrêmes de juin fait déjà état de 1300 mort·es en Europe, nos dirigeant·es se montrent écœurant·es d’opportunisme.
Notre ministre de l’Environnement, Albert Rösti, s’est empressé d’instrumentaliser la canicule pour promouvoir la construction de nouvelles centrales nucléaires, combattue par référendum. Le conseiller fédéral UDC s’est projeté en dissident du parti, admettant sur les ondes de la SRF que la vague de chaleur était un «signe évident de l’évolution du climat» et qu’il fallait «poursuivre la sortie des énergies fossiles».
L’Office fédéral de la statistique a enregistré une hausse de 16% de la mortalité chez les personnes âgées entre le 22 et le 28 juin. Les services d’urgence ont été mis sous pression. Les feux se multiplient dans toute la Suisse. Onze hectares de champs d’orge sont partis en fumée dans la plaine de l’Orbe et, près de La Chaux-de-Fonds, un feu de forêt a mobilisé les pompiers durant près d’une semaine. Albert Rösti affirme pourtant «qu’il ne faut pas peindre un scénario catastrophe pour quelques jours à 34 ou 35 degrés». Sa «priorité reste l’approvisionnement énergétique du pays». Il se vante d’avoir mené le pays sur la voie de la décarbonation.
Il faut être amnésique pour lire cela sans broncher. Albert Rösti est un lobbyiste du pétrole. Avant d’accéder au gouvernement, il a présidé Swissoil, l’organisation faîtière des négociants en combustibles, ainsi que l’organisation des importateurs de voitures (Auto-Suisse). Son bilan à la tête de l’Office fédéral de l’environnement depuis 2023 est une catastrophe. Il contribue à rendre notre terre invivable.
Il n’a cessé d’apporter son soutien aux projets d’extension d’autoroutes au détriment d’investissements dans les transports publics. Il a renoncé à fixer des valeurs limites à quatre pesticides, dont la deltaméthrine, hautement toxique pour la faune aquatique. Comme ses collègues du Conseil fédéral, il a vivement combattu le fonds climat, l’initiative pour la biodiversité et l’initiative pour la responsabilité environnementale. Et son ordonnance sur la chasse a permis d’abattre des meutes de loups. La liste n’est pas exhaustive.
On pourrait rire de l’absurdité de ses mensonges si l’attentisme climatique ne menaçait pas déjà nos conditions de vie sur Terre. «Au sein de l’UDC, personne ne nie le changement climatique», affirme le pyromane qui joue au pompier. C’est vrai, le premier parti du pays nie uniquement la responsabilité humaine. Son président actuel, Marcel Dettling, affirmait en 2024 que «réduire les émissions de CO2 n’aura pratiquement aucun effet sur le climat».
Espérons que cet été apocalyptique nous sorte du déni climatique. Comme l’affirme le GIEC, chaque dixième de degré compte, si bien que chaque geste épargnera des vies.