Bilatérales III, le rapport de forces entre les partis bourgeois et la gauche politico-syndicale se durcit. Mardi, la commission de l’économie du Conseil des Etats a rejeté une clause clé pour la protection des salaires, négociée entre les partenaires sociaux et le Conseil fédéral pour éviter que ce paquet d’accords ne renforce le dumping salarial.
Ces élu·es ont en effet biffé le principe d’une protection des représentant·es du personnel contre les licenciements abusifs. Or ces délégué·es syndicaux·ales sont particulièrement vulnérables en Suisse, et susceptibles d’êtres mis·es à pied en cas de conflit du travail. Plusieurs pays voisins prévoient des règles très strictes pour les soustraire à la vindicte patronale. En Suisse, ils et elles servent de chair à canon pour intimider les salarié·es désireux·ses de défendre leurs conditions de travail et de rémunération.
Une jurisprudence particulièrement cynique avait mis en exergue le tropisme libéral du Tribunal fédéral sur la question. Saisie du licenciement d’un représentant du personnel, la haute cour avait estimé, dans un arrêt qui fleurait bon le sophisme, qu’il était au contraire très important qu’aucune disposition spéciale ne protège ces personnes, sous prétexte qu’elles devaient être logées à la même enseigne que l’ensemble du personnel pour être davantage motivées à défendre ce dernier…
L’Union syndicale suisse hasarde une hypothèse machiavélique. Le but d’une partie des élu·es bourgeois·ses serait de savonner la planche aux Bilatérales III.
Un jusqu’au-boutisme risqué, à l’heure où la Suisse est dans le collimateur des Etats-Unis, en pleine dérive mercantiliste, et où elle a tout intérêt à resserrer les liens avec l’Union européenne.