«Les assassinats à Gaza doivent se poursuivre, il faut encourager l’immigration, Israël doit gagner», éructait Itamar Ben Gvir sur les réseaux, le 31 juillet dernier. Le ministre israélien d’extrême droite réagissait à l’annonce, faite par Donald Trump, que le Hamas acceptait de déposer les armes en contrepartie d’un retrait progressif des troupes israéliennes hors de Gaza.
Neuf jours plus tard, Benjamin Netanyahou s’alignait sur la position de son ministre de la Sécurité. Il rejetait la deuxième étape de la «feuille de route» élaborée par Nickolay Mladenov, l’envoyé du «Conseil de la paix» présidé par le chef d’Etat étasunien. Les jours précédents, le texte avait pourtant été largement remanié en faveur d’Israël.
Le veto de M. Netanyahou n’a rien d’étonnant. Dans les faits, son gouvernement n’a jamais respecté les termes de la première phase dudit «plan de paix». Entrée en vigueur le 10 octobre 2025, elle prévoyait notamment la suspension de toutes les opérations militaires et un premier repli de l’armée d’occupation derrière la «ligne jaune». Or depuis sa signature, les bombardements israéliens ont tué 1259 personnes à Gaza – dont 300 enfants selon l’Unicef. Les attaques ont gagné en intensité en juillet, faisant plus de 150 mort·es – le bilan le plus lourd depuis le début de l’année. Le 2 août, juste après l’annonce de «l’accord» par Donald Trump, les violences ont redoublé, ôtant la vie à 26 Palestinien·nes.
Israël a continué en parallèle sa progression dans Gaza, dont elle occupe désormais près de 70% du territoire. Parqué·es dans les 30% restants, 2,1 millions de Palestinien·nes tentent de survivre dans des conditions extrêmes, privé·es délibérément de biens essentiels, comme l’a rappelé Médecins sans frontières cette semaine. «Nous essayons de protéger nos enfants dans une enclave qui rétrécit constamment (…) Nous ne savons pas s’il y aura un lendemain. Le génocide est toujours en cours», écrit le journaliste palestinien Rami Abou Jamous depuis l’enclave1> Orient XXI, 11 août 2026..
En imposant son veto aux propositions de M. Mladenov, malgré les concessions majeures consenties par le Hamas, le gouvernement Netanyahou poursuit un objectif politique. Car pendant que le «processus de paix» s’enlise, Israël complète sa mainmise sur les terres palestiniennes – y compris en Cisjordanie, où la violence des colons atteint des sommets2> «Depuis trois ans et demi, les autorités israéliennes intensifient la campagne de nettoyage ethnique soutenue par l’Etat en Cisjordanie», souligne un rapport d’Amnesty, publié le 10 juin 2026..
Seules des sanctions internationales sévères pourront imposer une autre voie à cet Etat colonial.
Notes