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Lula face à l’extrême droite

Luiz Inácio «Lula» da Silva devra affronter une extrême droite solide et mobilisée, soutenue par les Etats-Unis. KEYSTONE
Amérique latine

«Le Lula paix et amour, c’est fini». Le 2 août, un Luiz Inácio «Lula» da Silva combatif a officialisé sa candidature à un quatrième mandat présidentiel à la tête du plus grand pays d’Amérique latine. Parmi les priorités évoquées devant ses partisan·es réuni·es à São Paulo: la lutte contre les violences faites aux femmes et le racisme structurel; la défense de la souveraineté nationale; et la volonté d’aller plus loin dans les réformes sociales. Bridé par un Congrès conservateur, le troisième mandat de l’ex-ouvrier métallurgiste a en effet combattu avec succès la faim, qui avait explosé sous la présidence de Jair Bolsonaro (de 2019 à 2023), mais sans infléchir les inégalités abyssales qui caractérisent le pays – héritage de la colonisation et de l’esclavage.

Appuyé par une alliance allant de la gauche radicale jusqu’au centre, Lula affrontera un adversaire principal: Flavio Bolsonaro. Agé de 45 ans, le sénateur d’extrême droite remplace son père Jair, condamné à vingt-sept ans de prison pour sa tentative de coup d’Etat avortée, en janvier 2023. Au cours des dernières semaines, les intentions de vote pour Flavio, jusque-là au coude à coude avec le président sortant, ont fléchi. La révélation de ses liens avec Daniel Vorcaro, un banquier impliqué dans une gigantesque fraude financière, a pesé dans la balance. L’accusation de viol sur une mineure pesant sur son colistier, Alfredo Gaspar, pourrait encore empirer les choses.

L’affaire est cependant loin d’être pliée. D’une part, parce que l’extrême droite brésilienne garde une base solide et mobilisée. Ensuite, parce qu’elle peut compter sur le soutien d’une Internationale réactionnaire décidée à peser sur le scrutin. Le 4 août, Javier Milei a ainsi insulté publiquement, une fois de plus, le président brésilien; le même jour, le Département d’Etat américain révoquait le visa de son ambassadrice à Washington; en juillet, le gouvernement Trump avait imposé une taxe de 25% sur un nombre important d’exportations brésiliennes vers les Etats-Unis.

Il est probable que ces attaques s’intensifieront jusqu’au 4 octobre, date du premier tour de la présidentielle. Après ses victoires au Chili, au Pérou et en Colombie, où Abelardo de la Espriella a été investi président vendredi, le camp réactionnaire veut parachever sa mainmise sur l’Amérique latine – et transformer le continent en vassal des Etats-Unis, comme le postule la Stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump.

A l’âge de 80 ans, Lula entame, avec l’appui des mouvements populaires du pays, une bataille cruciale pour enrayer ce projet mortifère.