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Condamnée mais candidate

Marine Le Pen quitte la salle d'audience après le verdict de son procès en appel, à Paris, ce mardi 7 juillet 2026. KEYSTONE
France

«Il n’y a plus rien qui tourne rond dans ce pays.» Le constat dressé hier soir par Marine Le Pen sur TF1 concernait-il le fait qu’une candidate puisse faire campagne sous bracelet électronique? Pas du tout! Droite dans ses bottes, la figure tutélaire du Rassemblement national (RN) s’est employée, à propos du verdict rendu un peu plus tôt par la cour d’appel de Paris, à nier toute culpabilité. Insistant sur la nécessité de «rendre aux Français la liberté de voter».

Marine Le Pen reste donc candidate à la présidentielle de 2027. Elle compte sur l’effet suspensif de son pourvoi en cassation pour avoir le champ libre. Or au-delà de sa personne, c’est le RN qui est condamné pour la deuxième fois, par deux juridictions différentes, sur le même dossier. Le premier parti de France a, durant onze ans, détourné près de trois millions d’euros de fonds publics en montant un vaste système d’emplois fictifs au parlement européen. Le parti est condamné en tant que personne morale par la cour.

Et outre leur cheffe, dix cadres de premier plan – dont Louis Aliot, maire de Perpignan, Bruno Gollnisch, figure historique du parti, et plusieurs élu·es parmi lesquels le très médiatique Julien Odoul – écopent de peines de prison, d’inéligibilité et d’amendes, avec ou sans sursis. Ce qui ne devrait pas empêcher le RN de faire campagne sur le tabula rasa antisystème et la promesse d’exemplarité.

Et c’est bien le problème: laminée par des décennies d’ultralibéralisme, abreuvée de discours haineux destinés à dresser Français·es «de souche» contre immigré·es, une part importante de l’électorat en vient à préférer coûte que coûte la peste brune au choléra d’un système à bout de souffle. Les divisions internes pourraient jaillir sous l’unité affichée par la candidate et son ambitieux dauphin, Jordan Bardella, affectant la dynamique. Mais c’est d’abord à la gauche de leur opposer un front uni, résolument antifasciste. Un impératif que les turpitudes judiciaires du RN ne sauraient faire oublier.

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