Un marronnier, pour utiliser un jargon journalistique. Comme il le fait chaque année, Le Courrier publie dans cette édition ses comptes 2025, révisés et approuvés en assemblée générale par notre organe éditeur, la Nouvelle association du Courrier.
Pour aller droit au but, l’exercice écoulé se conclut sur un déficit de quelque 66’000 francs, contrairement à 2024 où nous étions à l’équilibre. En effet, certains éléments non récurrents – notamment une rétrocession de notre assurance perte de gain et la dissolution d’une provision pour une dette parvenue à échéance – avaient «embelli» notre exercice précédent.
Reste, côté verre à moitié plein, que le bouclement de l’année écoulée s’achève sur un déficit moindre que prévu au budget. Et il comprend une provision pour risques judiciaires de 30’000 francs! Globalement, il ne met pas en danger notre trésorerie.
Si le journalisme est un sport de combat, pour reprendre la formule bourdieusienne, il évolue aussi dans un environnement juridique de plus en plus hostile. Les procédures se multiplient. Et elles coûtent cher. Nous venons de l’emporter au terme de trois ans d’audiences diverses contre l’homme d’affaires Stéphane Barbier-Mueller. Les dépens que nous a octroyés la justice genevoise ne couvrent grosso modo que le tiers de ce que nous a coûté l’acharnement du promoteur immobilier.
C’est bien le but de ces procédures-bâillons: faire taire les médias ou, à tout le moins, les dissuader de jouer leur rôle de chien de garde de la démocratie. Le droit suisse n’est guère favorable au droit d’informer et au droit de savoir des citoyen·nes. Il est bon de le rappeler.
Le Courrier dépend de ses lectrices et lecteurs, les véritables propriétaires du journal. Ils et elles en sont bien conscient·es. La souscription que nous lançons chaque année nous permet de tirer notre épingle du jeu dans un environnement économique extrêmement compliqué pour les médias. En 2025, cet appel a permis de récolter 370’000 francs. Le bulletin du mois de juin est d’ailleurs encarté dans ce numéro. Soyez d’avance remercié·es pour votre contribution sans laquelle ce journal ne pourrait tout simplement pas exister.
C’est le prix à payer pour faire vivre une voix discordante, d’opposition, dans un monde en chaos, avec des rapports de forces qui font fi de principes démocratiques aussi évidents que l’égalité entre toutes et tous, et où les droits fondamentaux sont piétinés par les puissances qui, pourtant, s’en réclament.
Face à un ordre injuste, insultant pour la dignité humaine, soyez certains et certaines que l’équipe qui fabrique ce journal n’entend abdiquer aucune once de la révolte qui l’habite, et que vous partagez.