La survie du Courrier est un éternel recommencement. Chère lectrice, cher lecteur, comme chaque mois vous trouverez encarté dans cet exemplaire un bulletin de versement pour contribuer à notre souscription. Cette dernière représente environ 8% des rentrées du journal. Elle nous permet sinon d’équilibrer nos comptes, du moins de réduire notre déficit à un niveau ne nous mettant pas en danger.
L’an passé, nos lectrices et nos lecteurs ont fait preuve d’une générosité extraordinaire, 370’000 francs ayant pu être récoltés. Mais une partie – 30’000 francs – a immédiatement été provisionnée pour faire face à la multiplication des procédures judiciaires auxquelles nous sommes confronté·es…
Cette année, en revanche, cet appel aux dons peine au démarrage. Nous sommes en-dessous du niveau des années précédentes à la même période. Pourquoi? Bien malin·e qui trouvera la réponse. C’est donc ici l’occasion d’un rappel. Le Courrier fonctionne sur un mode atypique. Il appartient à ses lecteurs et lectrices, à celles et ceux qui le fabriquent et, plus largement, à la société civile. Le tout rassemblé dans notre organe éditeur, la Nouvelle association du Courrier.
Il n’y a pas de grand groupe sur lequel le titre pourrait s’appuyer pour traverser une mauvaise passe. Cela nous donne une solidité par rapport à d’éventuelles pressions extérieures des pouvoirs de l’argent. Et nous permet de tenir une ligne qui rompt avec le discours ambiant. Par exemple sur l’actualité du Moyen Orient et la guerre génocidaire en cours en Palestine, où nous avons tenu bon et porté le projecteur sur les zones d’ombre, les renoncements, les lâchetés et les complicités, notamment du Conseil fédéral. Nous relayons la voix de la société civile qui s’insurge contre ces violations crasses du droit international et dont les courageuses initiatives pour défendre l’élémentaire dignité humaine se heurtent à un dénigrement et une répression féroces.
Nous avons certes pu prospecter pour des aides auprès de fondations. Mais notre indépendance ne peut in fine être garantie que par ces apports supplémentaires de nos lecteurs et lectrices. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Les dons, mêmes modestes, nous permettent de continuer à faire retentir une voix différente dans un environnement politique de plus en plus inquiétant. Les digues cèdent, le ton se désinhibe, les propos se libèrent, le passé le plus sombre remonte à la surface.
Face à ce retour du refoulé, soyez certaines et certains que Le Courrier mènera avec force la bataille pour la primauté de la personne humaine et de la justice sociale. Il ne peut le faire qu’avec votre soutien. Soyez-en d’avance remercié·es.