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Menaces sur La Poste

KEYSTONE
Suisse

Une nouvelle attaque contre La Poste. Le Conseil fédéral a lancé ce mercredi une procédure de consultation visant à une révision de la loi sur La Poste (LPo). Le projet présenté pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, il soustrait le géant jaune au contrôle démocratique exercé par le Parlement fédéral. Et, partant, prive ce dernier de sa capacité de bloquer tel ou tel projet jugé antisocial, ou le peuple d’ouvrir la voie à un processus référendaire. En effet, la nouvelle LPo prévoit qu’au cas où certains seuils plancher seraient atteints –par exemple une chute plus importante que prévue du nombre de lettres– certaines obligations de prestations pourraient être revues à la baisse par le Conseil fédéral, par simple voie d’ordonnance.

Une lecture de la loi en consultation montre que certaine prestations seraient affaiblies. Ainsi, la distribution des quotidiens par La Poste serait limitée à cinq jours par semaine, contre six actuellement. Relevons que La Poste est d’ores et déjà dans l’incapacité d’assurer cette prestation dans certaines zones périphériques, quoi qu’elle en dise. Les lectrices et lecteurs du Courrier ne se privent pas de nous le rappeler. L’obligation de livrer le journal avant 12h30 en zone sans distribution matinale saute. Grave aussi, le courrier A est globalement menacé par le dispositif prévu au profit d’une distribution trois jours par semaine au lieu des cinq actuellement.

Ce repli du service public s’inscrit dans un processus initié à la fin des années nonante visant à ouvrir, au nom d’une pseudo-modernité, ce «marché» à la concurrence. Mais qui s’est surtout traduit par une fermeture en rafale de bureaux de poste et une baisse de la qualité de ce service.

Les Cassandre qui avaient protesté à l’époque contre cette libéralisation avaient été traitées de nostalgiques de la Corée du Nord. On verra si certains feront amende honorable devant ce nouveau cycle de démantèlement du rôle social de l’Etat.