L’approvisionnement électrique est assuré malgré la canicule, selon une communication de l’Elcom (commission fédérale de l’électricité). La question n’est pas hypothétique: la sécheresse, inhérente à la canicule, provoque une baisse du taux de remplissage des barrages d’accumulation.
Et cela ne va pas s’arranger. Juillet sera d’ores et déjà le mois le plus chaud en Suisse depuis le début des mesures unifiées mises en place en 1864. Et, jeudi, plusieurs records ont été pulvérisés en Suisse. Par exemple, à Bâle-Binningen, le thermomètre a affiché 39,7 degrés vers 14h, égalant le record absolu mesuré au nord des Alpes en Suisse, établi le 7 juillet 2015 à Genève-Cointrin, selon MétéoSuisse.
La production d’électricité est moindre cette année. Les centrales hydroélectriques n’ont produit que 9300 gigawattheures entre mai et juillet; sur la même période, la moyenne entre 2015 et 2025 était de 12 500 GWh.
L’énergie nucléaire, que l’on nous présente comme un palliatif, est également concernée. Les centrales refroidies par l’eau des rivières ont dû réduire leur puissance du fait d’une hausse des températures des cours d’eau (celles qui disposent d’une tour de refroidissement sont concernées dans une moindre mesure). La réponse des autorités fédérales à ce problème est plutôt inquiétante: elles laissent entendre que les normes pourraient être adaptées. En clair: l’état de santé des rivières – l’Aar a dépassé les 25 degrés durant trois jours consécutifs – pourrait être sacrifié sur l’autel de la productivité électrique à tout prix.
Le débit minimal des cours d’eau est d’ailleurs une pierre dans le jardin des relations franco-suisses. Notre voisin veut obtenir des débits plus importants du Rhône, nombre de ses centrales sont en effet refroidies par ce fleuve. Comment une telle capacité pourrait être garantie en l’absence de précipitations reste un mystère et traduit surtout un pseudovolontarisme d’un gouvernement à la dérive.
Oh surprise, le réchauffement climatique a des effets très concrets sur la sécurité d’approvisionnement du pays. Y compris sur le moyen terme: qui dit remplissage moindre des barrages implique des réserves réduites pour l’hiver.
L’urgence climatique continue pourtant d’être minimisée voire niée, les grands projets permettant de produire et d’économiser l’énergie ne sont pas à la hauteur des enjeux, et le productivisme règne en maître. Au niveau de la mobilité, par exemple, plutôt que de lancer d’ambitieux projets de transports en commun, le Conseil fédéral veut élargir les autoroutes. Cherchez l’erreur.