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Déni climatique, démocratique et social

Une vague de chaleur frappe la Suisse et devrait durer au moins jusqu'à samedi. MétéoSuisse a émis une alerte de niveau 3 sur 4 pour la majeure partie du pays. KEYSTONE
Ecologie

Mardi a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. La Suisse n’est pas épargnée. Le traditionnel cortège des Promotions a été annulé à Genève au profit d’une arrivée directe au parc des Bastions, un lieu suffisamment ombragé pour ne pas mettre en danger la santé des enfants!

L’augmentation de ces événements climatiques extrêmes est annoncée depuis des lustres par les expert·es du GIEC. Mais elles et ils crient un peu dans le désert. Leurs voix sont couvertes par les divers lobbies liés à l’industrie extractiviste ou de serviles relais d’un monde économique qui a la croissance pour seul horizon. Et le monde politique semble à la remorque de ces intérêts.

Cela explique une incapacité à mettre en branle des politiques à la hauteur des enjeux. En France, le fonds vert destiné à financer une partie de la transition écologique… a été divisé par trois pour cette année. Et en Suisse? C’est le peuple qui a carrément refusé le fonds climat le 8 mars, à l’aimable invitation des partis bourgeois et du Conseil fédéral qui craignaient que cela menace d’autres investissements… comme l’armée.

Cette course en avant continue. Lundi, c’est le tout-à-la-bagnole qui a reçu un appui notable de Berne. En pleine crise climatique il paraît effectivement indispensable de construire de nouvelles autoroutes ou de les élargir. En revanche, les transports en commun par train – particulièrement en Suisse romande – sont traités par-dessous la jambe.

Face à cet aveuglement, notons le salutaire coup de gueule du climatologue français Christophe Cassou1> Libération du 21 juillet. qui appelle à «politiser la canicule». En 2022, la chaleur a tué 61 000 personnes en Europe; le déni climatique est aussi un déni démocratique et social.

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