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Le monde à l’envers

Dans un rapport publié mardi, Public Eye dénonce les conditions délétères imposées par la multinationale Chiquita dans ses plantations guatémaltèques. TOMAS AYUSO
Multinationales

Cadences infernales, exposition à des produits hautement toxiques, répression antisyndicale et salaires de misère. Dans un rapport publié mardi, Public Eye dénonce les conditions délétères imposées par la multinationale Chiquita dans ses plantations guatémaltèques. Le géant mondial de la banane, condamné en 2024 par la justice étasunienne pour avoir financé des groupes paramilitaires en Colombie, détruit les corps mais aussi la nature: dans ses monocultures, l’utilisation intensive de pesticides contamine durablement les sols et les nappes phréatiques.

En 2008, Chiquita a élu domicile dans la commune vaudoise d’Etoy. Accueillie à bras ouverts par les autorités cantonales, la société a bénéficié d’un taux d’imposition ridiculement bas. L’opération s’est révélée profitable pour les propriétaires du groupe, les familles Safra et Cutrale – qui figurent parmi les principales fortunes de Suisse: depuis 2015, elles ont encaissé 850 millions de dividendes, indique Public Eye dans son enquête.

Chiquita est loin d’être un cas isolé. Glencore, Vitol, Syngenta, Cargill, Holcim, Lockheed Martin… La liste des multinationales aux pratiques honteuses planquant leur magot dans le paradis fiscal helvétique est interminable. Elle illustre une réalité: le pillage des forces de travail et des ressources à l’échelle planétaire reste la principale source de la prospérité affichée par les plus grandes banques et entreprises établies en Suisse – et leurs actionnaires.

Ce brigandage légal est favorisé par l’alliance bourgeoise qui dirige la Suisse. Depuis des décennies, les partis de droite, largement majoritaires, imposent en effet des politiques, notamment en matière fiscale, servant les intérêts de cette classe dominante – dont la logique prédatrice condamne une part significative de la population mondiale à s’exiler pour survivre.

Aujourd’hui, la principale formation de ce bloc bourgeois, la xénophobe UDC, pointe à nouveau un doigt accusateur sur la «population étrangère». Dans sa croisade contre la «Suisse à 10 millions», le parti des Blocher accuse les immigré·es, spécialement celles et ceux qui sont originaires de pays extra-européens, de menacer la prospérité, la sécurité et les paysages helvétiques. Cette propagande raciste tente de dédouaner les responsables de la crise capitaliste actuelle, tout en transformant ses victimes en boucs émissaires.

Face à ce cynisme absolu, il est nécessaire de désigner les véritables fossoyeurs de la prospérité mondiale – et leurs complices helvétiques.

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