Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Maigre lot de consolation

Après des mois d’attente, le Conseil d’Etat n’autorise qu’une seule manifestation sur la rive droite dans un délire ultra-sécuritaire. Peu compatible avec la Genève internationale.
KEYSTONE
Sommet du G7

Après plusieurs semaines de discussions, pour autant que l’on puisse véritablement parler de dialogue, le Conseil d’Etat a annoncé mercredi avoir délivré une autorisation de manifester sur un parcours imposé. Et à certaines conditions. Si la coalition No G7 accepte la proposition, alors le cortège partira du parc Mon Repos pour emprunter les quais, la Servette, la place des Nations et revenir au point de départ. Dans les plans du gouvernement, il n’y a donc ni pont du Mont-Blanc ni rive gauche. Pas plus qu’il n’y a de lieu de rencontres ni d’accueil en extérieur. Pour couronner le tout, dans la foulée, la Ville de Genève a annoncé fermer le parc des Bastions toute la semaine, au motif de permettre un montage serein de la Fête de la musique.

Sans accord de la coalition, l’autorisation sera révoquée et tout rassemblement dispersé. Le constat est amer. C’est un maigre lot de consolation que le Conseil d’Etat daigne accorder à une coalition regroupant pourtant une soixantaine d’organisations entendant protester contre la tenue d’un sommet de chef·fes d’Etat illégitime. Dès lors, la contestation doit pouvoir se faire entendre et voir.

Or, le Conseil d’Etat semble tétanisé par le souvenir du G8 d’Evian en 2003, n’en retenant que les confrontations et les dégâts importants. Une psychose entretenue par la droite et les faîtières économiques qui aboutit à des restrictions des droits de réunion, de liberté d’expression et de manifester. Des droits pourtant fondamentaux dans toute démocratie qui se respecte. Parcours imposé et restreint, horaire tardif, interdiction de toute autre manifestation, village alternatif et camping non autorisés.

Mais ce n’est pas fini, l’exécutif annonce une mobilisation policière sans précédent, des contingents venus de toute la Suisse, une présence 24h/24, l’appui de l’armée, des postes frontières fermés et le rétablissement des contrôles aux sept seuls points de passage ouverts. On nage en plein délire sécuritaire. Pour peu, on pourrait croire que le sommet se tient au centre de Genève.

Le chaos est brandi comme un épouvantail inévitable. Or, les dernières mobilisations contre le G7 dans différents pays se sont globalement déroulées de manière pacifique. Dès lors, difficile de comprendre les motivations du Conseil d’Etat. Sauf à penser qu’il souhaite tuer la mobilisation dans l’œuf ou finir par interdire la manifestation du 14 juin, faisant augmenter le risque de défilés sauvages, de répression policière et de casse. Si tel est le cas, cela serait indigne d’un canton qui se présente volontiers comme un centre névralgique des droits humains.

Autour de l'article