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Ce qu’il ne faut pas faire

Alain Rouget met en avant d’autres interrogations que celles des ondes face au développement de la 5G.
Télécommunications

Le déploiement de la 5G fait beaucoup réagir sous forme de crainte quant à la nocivité éventuelle des ondes qu’elle utilise.

Soyons honnêtes: il n’y a pas de preuve absolue de nocivité, pas plus que d’innocuité. Les smartphones émettent des ondes qui atteignent le cerveau, bien sûr. Pourquoi les neurones ne seraient-ils pas perturbés par ces ondes? Inversement, beaucoup de nos cellules reçoivent continuellement des ondes (la lumière, les UV, les rayons X, les ondes radio, etc). Parfois elles en souffrent (la radioactivité), parfois pas. Dans certains cas précis, ces ondes sont même indispensables: que serait la rétine sans son extrême sensibilité à la lumière?

Il n’y a donc aucune certitude et c’est la situation exacte où le principe de précaution doit s’appliquer.

Mais on ne parle pas d’un problème encore plus sérieux: l’explosion de la consommation d’énergie que la 5G va provoquer. Sans parler des 15’000 antennes supplémentaires nécessaires, et de leur puissance accrue.

La 5G promet une rapidité de transmission 100 à 1000 fois plus grande que la 4G, permettant de connecter des milliards d’objets (et des personnes, ne l’oublions pas). Cela veut dire, à terme, un débit d’octets multiplié d’autant. Or on sait, c’est une loi de la physique, que tout déplacement d’information nécessite de l’énergie, que cela soit sous forme d’octets (la téléphonie mobile, le mail), sous forme de courrier postal, sous forme de paroles, sous forme de signaux de fumée, ne peut se faire sans énergie. Et la quantité d’énergie nécessaire dépend, logiquement, de la distance à parcourir et de la quantité d’information à transmettre. Si vous adressez la parole à votre interlocuteur à 20 mètres, vous parlez plus fort que s’il est à 2 mètres. Si vous envoyez un mail à 50 personnes («répondre à tous»), vous consommez 50 fois plus d’énergie que si vous répondez à un seul destinataire.

Toute cette explication pour dire que la 5G nous pousse à l’exact opposé des économies d’énergie dont nous connaissons la nécessité absolue face à la crise écologique, On nous demande de passer de la société à 8000 watts à celle de 2000 watts. Et en même temps on veut nous faire accepter une technologie susceptible de multiplier par 100 l’énergie utilisée par la téléphonie mobile. Quelle aberration!

On pourrait aller encore plus loin: estimer le besoin. Les opérateurs (Swisscom, Sunrise, Salt) devraient apporter la preuve que la 5G est indispensable. Il devrait y avoir une clause du besoin, comme cela existe dans d’autres domaines. Mais peut-on arrêter le progrès?

Alain Rouget,
Plan-les-Ouates

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