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Chroniques

Economie critique

(Re)penser l'économie

Lorsque des discussions s’engagent au sujet de l’économie, les participants au débat trouvent fréquemment «que c’est compliqué» et qu’il est difficile de comprendre les termes de la controverse. A ce stade, il convient peut-être d’effectuer une distinction entre compliqué et complexe. Rappelons que l’économie fait partie des sciences humaines. Elle n’est pas une science exacte, contrairement à ce que certains économistes dominants tentent de faire croire en basant leurs analyses sur des modèles mathématiques censés expliquer la réalité. Rappelons que la plupart des économistes n’ont pas vu venir la crise de 2008, la plus importante depuis celle de 1929. Comme toute science humaine, l’économie est déterminée par les rapports sociaux et, de ce point de vue, elle est complexe car la société est complexe. Mais elle n’est pas si compliquée lorsque l’on maîtrise quelques éléments de base qui permettent de comprendre, d’analyser et de considérer avec un regard critique les informations économiques qui nous parviennent quotidiennement.

Pour permettre aux lecteurs de s’éclaircir les idées sur cette matière, il convient de signaler l’existence du numéro hors série du Monde diplomatique intitulé «Manuel d’économie critique»«Manuel d’économie critique», Hors série, Le Monde diplomatique, 2016.. Ce cahier qui rassemble les contributions d’une cinquantaine d’auteurs (économistes, sociologues, philosophes) permet d’asseoir les bases pour une compréhension de la sphère économique mais, surtout, remet en cause des présupposés généralement admis comme évidents et quasi naturels.

L’énoncé de dix idées reçues constitue la ligne directrice des thèmes traités: «Les chiffres sont formels», «La croissance c’est la prospérité», «Tous gagnants grâce au dialogue social!», «La pauvreté, voilà le fléau!», «Ce sont les entreprises qui créent l’emploi», «La concurrence, gage d’efficacité», «Tout le monde profite du libre-échange», «Rien ne se crée, tout se prête», «L’Etat doit gérer en bon père de famille», «Grâce aux Brics, un monde multipolaire». Ces présupposés largement diffusés dans les médias et admis dans l’opinion publique comme des faits acquis sont remis en cause et abordés souvent avec une dimension historique qui permet de relativiser les «vérités» à la mode. Ainsi, pour prendre l’exemple de la propriété foncière privée, celle-ci n’est pas un phénomène naturel, comme on pourrait le penser, mais provient, à l’origine, d’une imposition par la force au détriment de droits coutumiers.

Comme toute science, l’économie possède ses propres concepts et son vocabulaire. Un glossaire simplifié permet de s’y retrouver au travers de définitions accompagnées quelquefois d’exemples concrets. De petites rubriques nommées «Ecofolies» parsèment l’ouvrage, montrant, parfois avec humour, jusqu’où l’économicisme peut conduire, comme, par exemple, justifier le travail des enfants dans les pays du tiers-monde ou encore contester les couloirs d’autobus parce qu’ils représenteraient une stérilisation de l’espace public!

Enfin signalons que chaque chapitre comporte des photos et des reproductions d’œuvres en lien avec le sujet traité. Nous ne pouvons qu’encourager le lecteur à lire ce document qui éclaircit les idées en matière économique.

Bernard Clerc est membre de SolidaritéS, ancien député.

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lundi 8 janvier 2018

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