Cet été a été chaud et long. Cet été a été d’autant plus chaud et long pour celles et ceux qui restent en ville. Cet été a été encore plus chaud et long pour celles et ceux qui sont restés travailler en ville, et ce, sans même évoquer ni pénibilité ni précarité.
Après la crise, la rentrée… traditionnellement accompagnée de ses promesses politiques écologistes reformulées. En cette période de stagnation des mesures écologistes, comment seulement faire bouger les lignes et quelles lignes faire bouger?
Car la population résiste, et elle a bien raison. Trop souvent «tout le monde est touché; tout le monde doit faire un effort», alors que les personnes bénéficiaires et les laissées-pour-compte sont toujours les mêmes. Trop souvent «il n’y a qu’à», mais davantage quand on en a les moyens. Trop souvent «c’est bon pour la planète», alors que c’est surtout bon pour moi. Trop souvent «c’est la science; c’est neutre», alors que ce ne sont que des chiffres partiels et utilisés partialement.
L’instrumentalisation de ces crises, dorénavant chroniques, par la classe politique peut conduire une majorité de la population à accepter certaines politiques au mieux symboliques, au pire socialement insoutenables. Continuons à résister: exigeons des mouvements et partis écologistes une écologie politisée qui transforme les rapports humains en profondeur au lieu d’ajouter aux injustices sociales la violence du discours moralisateur et universalisant de la responsabilité individuelle et de la privation.
La réponse première aux enjeux écologiques est ainsi sociétale, avec une forte visée sociale. Quand elle en a les moyens, la population choisit l’écologie. Ensuite, la majorité écologique dans les urnes ne se constitue qu’en comblant la fracture sociale. Enfin, qui s’opposerait raisonnablement à un projet d’écologie politique qui rassemble les communautés de vie locales autour du développement des communs?
C’est de la responsabilité des mouvements et partis écologistes de dépasser les pansements sociaux et environnementaux, d’inviter largement la population à les investir et à les mettre au défi, ainsi que de s’intéresser au rapport à l’autre, à l’espace et au temps. Qu’y a-t-il de plus écologique, résilient et probablement désirable qu’une population qui peut et qui aime passer du temps à se voir et à échanger, proche de chez elle, autour d’un bon verre bien frais, à l’ombre des arbres?