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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Une parodie de concertation

Claude Schaeppi prend la mesure des impacts environnementaux de certaines décisions face à l’urgence climatique.
Climat

Pendant que des gens accablés par la canicule quittent leurs appartements pour trouver le sommeil dans la tiédeur des parcs, que d’autres meurent littéralement de chaud, pendant que Gaza se fait tranquillement exterminer – les voix indignées n’arrivant pas à rompre l’assourdissant silence –, pendant que Le Matin par la voix de Dominique Bourg prédit un possible cinquante degrés d’ici vingt ans si nous ne réagissons pas rapidement, le CERN entame paisiblement la tournée de promotion de son Futur Collisionneur. Une parodie de concertation où se joue sur l’échiquier décidé par le CERN lui-même une partie du type «face tu perds, pile je gagne». Un jeu qui consiste à commenter la partie sans possibilité de questionner véritablement le projet et encore moins de le remettre en question, le CERN nous invitant à donner un avis non contraignant. Ce cadre ainsi posé instrumentalise les oppositions, notre présence critique à ce débat illusoire et sert au final à valider cette parodie de concertation.

C’est grave, comme le seraient pour tous les habitants du Grand Genève les énormes impacts climatiques et environnementaux à la mesure de la démesure de ce projet totalement déconnecté de l’actuelle réalité.

Comment est-il possible de ne pas faire le lien entre l’outrance d’un projet prétendument futuriste, dépassé selon les plus de quatre cents scientifiques qui le dénoncent et s’y opposent, et l’urgence climatique? Comment est-il possible de ne pas voir que la destruction des Palestiniens est aussi notre destruction écologique, climatique peut-être même, avec l’impact environnemental massif des tonnes de bombes déversées?

On vit dans un au-delà de dissonance cognitive, et face à cette cacophonie on peut sincèrement se demander: s’agit-il encore d’incompétence ou baigne-t-on dans une pathologie systémique où l’avidité, l’addiction au fric de quelques-uns pourrait bien tous nous faire plonger?

Et alors…serons-nous seulement autorisés à faire des éventails de leurs billets?

Claude Schaeppi,
Presinge (GE)