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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Pour une neutralité désarmée

Jean-Pierre Wenger s’exprime au sujet de l’initiative populaire «Sauvegarder la neutralité suisse» soumise au vote prochainement.
Votations

Avant d’aller voter, il faudrait savoir ce qui se cache derrière cette remarquable posture. A l’époque du traité de Vienne gageons que pour les puissances européennes la Suisse pouvait constituer un tampon sécurisant entre d’éventuelles puissances belligérantes. Plus récemment elle a servi de refuge financier pour les fascismes environnants. Plus reluisant elle a pu donner l’hospitalité mondialement reconnue à plusieurs organisations qui s’occupent de différents sujets humanitaires, en particulier des fameux droits de l’homme.

A y regarder de près, les tenants de l’initiative semblent plutôt intéressés à pouvoir faire leur business avec tout un chacun et sans entraves, sans devoir appliquer des sanctions financières. Il y a toujours eu pendant les guerres des «petits malins» sans scrupules qui ont réussi à s’enrichir outrageusement.

Modifions donc l’inscription de la neutralité dans la Constitution avec un avenant ainsi libellé: «La Confédération suisse, honorée et responsable de sa neutralité, ne fabrique plus d’armes, par conséquent ne vend plus d’armes ni de pièces d’armement et n’achète plus d’armes à qui que ce soit.»

Seule une neutralité désarmée peut être crédible aujourd’hui.

Jean-Pierre Wenger,
Ferney Voltaire