Les rentes à vie des conseillers et conseillères d’Etat vaudois·es ont vécu. Le Grand Conseil a enterré mardi, en premier débat, ce système. Le vote définitif n’a pas encore eu lieu, mais le sort de ces rentes-pont très spéciales ne fait aucun doute, tant le consensus est large.
La pratique vaudoise s’alignera sur celle des autres cantons romands. Roger Nordmann, fraîchement élu, sera probablement le dernier magistrat à y avoir droit, en vertu du système en cours de réforme. Et on ne nous ôtera pas non plus de l’esprit que l’obstination de sa collègue du centre, Valérie Dittli, à se représenter est liée à une volonté de toucher une rente partielle, puisque pour les personnes qui n’ont effectué qu’une législature, il faut avoir échoué dans les urnes pour y avoir droit.
Ces rentes n’ont plus lieu d’être. Elles sont le vestige d’une autre époque. Celle des mandats illimités, où l’entrée à l’exécutif cantonal couronnait une longue carrière politique et où l’on mourrait parfois en fonction, ce qui déchargeait d’autant les caisses de l’Etat.
Les temps en changé. Les magistrat·es sont élu·es plus jeunes et ont souvent une seconde vie politique ou professionnelle. Les rentes à vie ressemblaient de plus en plus à des oreillers de paresse, onéreux et difficile à justifier.
Et, politiquement, cela s’apparentait à un privilège qui tranche avec l’égalité, un des fondements de la démocratie. Faire basculer le corps des magistrat·es de l’exécutif vers un système de prévoyance classique est aussi une manière de réduire la très préoccupante coupure entre les citoyen·nes et les citoyens et celles et ceux censé·es les représenter. Le premier pas vers une démocratie plus proche des soucis de tous les jours de la grande majorité de la population.