La récente entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l’asile a eu bien peu d’échos dans nos médias. Il représente pourtant un ajout supplémentaire à ce mur toujours plus infranchissable voulu entre eux et nous .Un obstacle pétri de pseudo légitimité mal intentionnée que la Suisse devra appliquer, espace Schengen oblige.
De quoi s’agit-il? De filtrer toujours et encore les bons des mauvais, les vrais des faux, les pareils à nous des différents. Il s’agit d’enfermer trois jours celles et ceux qui ont eu le malheureux espoir de tenter un pied en Europe. Trois jours sans assistance juridique et hors sol européen si possible, afin de renvoyer au plus vite (où?) l’écrasante majorité de ces sous-humains jugés non dignes de l’Europe. Non dignes de la Suisse.
Pourtant certains bénéficient en nombre de notre générosité. A juste titre les Ukrainiens sont accueillis inconditionnellement et assistés. Parmi eux beaucoup de déserteurs qui font défaut à l’armée de Zelenski. Ont-ils le droit d’échapper à un conflit d’apparence si légitime, lisse et héroïque? Certainement, et beaucoup d’entre nous fuiraient pareillement le sang et la mort. Et lorsqu’enfin cette guerre stupide s’arrêtera, ils devraient pouvoir rester en Suisse ces hommes qu’attend au mieux la prison, au pire le lynchage à leur retour au pays.
Cet accueil est juste et généreux. Pourquoi alors tant d’obstacles face aux quelques iraniens réfugiés ici, qui n’ont même pas droit à l’admission provisoire? Parce qu’ils sont musulmans? Pourquoi autant de refus à ces Africains qui traversent tant de misères et espèrent nous apporter un peu de cette endurance et cette force vitale qui commence à manquer à notre jeunesse? Parce qu’ils sont noirs? Pourquoi abandonner ces quelques Gazaouis qui pourtant ont de la famille chez nous, prête à les assister? Parce qu’ils sont arabes?
Parce qu’il est plus naturel de s’identifier à une population blanche et chrétienne?
Chaque être humain est une part de nous, chaque regard de détresse doit nous toucher et nous animer.
J’ai honte d’être suisse.
Fabienne Probst,
Aire-la-Ville (GE)