Il y a quelques jours, l’Assemblée générale de l’ONU a voté par 135 voix en faveur d’un débat urgent contre le blocus étatsunien contre Cuba, imposé désormais à de nombreux pays sous la menace de taxes et autres rétorsions. Si les gouvernements opposés sont pour l’essentiel toujours les mêmes Etats-Unis et Israël –, une trentaine de pays se sont abstenus, dont l’Allemagne et l’Italie. Honte à eux!
Dans une interview à la Neue Zurcher Zeitung (NZZ) du 10 juillet – peu suspect de sympathie pour Cuba! – le chercheur allemand en études latino-américaines Bert Hoffmann déclare à propos de cette guerre économique contre un pays souverain, membre à part entière de l’ONU, dont la charte proscrit de telles mesures: «Le fait est que, du fait du durcissement de l’embargo, des personnes meurent à Cuba qui n’auraient pas dû mourir. Des patients n’arrivent plus à temps à l’hôpital. Il y a également un manque de médicaments et d’oxygène. C’est une politique de pression maximale dont souffrent avant tout les plus pauvres. Cela va bien au-delà de ce que l’on pourrait encore qualifier d’humain. Je condamne cette guerre économique contre la population civile.»
Pour ma part, je m’étonne que les gouvernements de 135 membres de l’ONU ne réussissent pas à, par exemple, imposer que la «communauté internationale» livre du pétrole à Cuba, nécessaire pour les besoins de base de la population. Emettre un vote dans les salles climatisées est facile, faire respecter le droit international ne semble pas l’être. Les Etats-Unis oseraient-ils arraisonner un navire pétrolier affrété par l’ONU en faveur de Cuba?
Martin Herrmann,
Châtelaine (GE)