Le drame survenu sur la route de Malagnou, qui a coûté la vie à un jeune motard percuté à l’arrêt par un chauffard, nous bouleverse profondément. Nous adressons nos pensées à sa famille et à ses proches. Mais au-delà de l’émotion, ce nouveau décès pose une question que les autorités ne peuvent plus éluder: combien de vies devront encore être brisées avant que des mesures efficaces soient enfin prises contre les comportements routiers dangereux?
Depuis des années, les habitants de Genève alertent sur les excès de vitesse, les accélérations sauvages, les rodéos routiers et les motos comme les voitures lancées à vive allure sur certains axes, notamment les soirs et les week-ends. Ces comportements s’accompagnent de nuisances sonores insupportables: moteurs volontairement poussés dans les tours, pots d’échappement bruyants, accélérations brutales et vrombissements qui résonnent jusque tard dans la nuit. Ce vacarme empoisonne le quotidien des riverains, perturbe leur sommeil et dégrade durablement leur qualité de vie.
Mais ce bruit n’est pas une simple nuisance. Il est souvent le révélateur de conduites à risque et d’un mépris des règles les plus élémentaires de la vie en société. Là où le vacarme s’installe, les excès de vitesse et les comportements irresponsables ne sont jamais loin.
Le drame du 18 juillet n’est malheureusement pas un cas isolé. Nous n’avons pas oublié la cycliste tuée le 22 juillet 2023 lors d’un rodéo routier. Deux tragédies qui rappellent avec une terrible évidence que la vitesse excessive et les conduites irresponsables tuent.
Malgré les signalements répétés des habitants, les contrôles restent trop rares, voire inexistants. Cette absence de présence visible des forces de l’ordre nourrit un sentiment d’impunité qui encourage les récidives.
La prévention est indispensable, mais elle ne suffit plus lorsque certains choisissent délibérément de mettre en danger la vie d’autrui. L’Etat a le devoir d’assurer la sécurité et la tranquillité de la population.
Nous demandons aux autorités genevoises de renforcer immédiatement les contrôles, de lutter avec détermination contre les excès de vitesse comme contre les nuisances sonores, d’assurer une présence régulière des forces compétentes et de mettre en œuvre une stratégie durable contre la délinquance routière. Prévention, contrôle et sanction doivent agir de manière complémentaire. L’inaction n’est plus acceptable.
La sécurité routière et le droit des habitants à vivre dans un environnement paisible doivent redevenir des priorités politiques. Derrière chaque accident mortel, il n’y a pas seulement une statistique: il y a une vie fauchée, une famille endeuillée et des proches à jamais marqués.
Nous appelons le Conseil d’État, les autorités cantonales et les services compétents à prendre leurs responsabilités.
Ariane Blum Brunier, Roger Deneys, Christian Brunier, Fabienne Bugnon, Elisabeth Decrey Warner, Gabrielle Falquet, Virginie Keller, Sylvia Leuenberger, Anne Mahrer, Françoise Schenk-Gottret, Boris Calame, Antoine Droin, Christian Ferrazino, François Haldemann, Ueli Leuenberger, René Longet, Philippe Poget, Jean Rossiaud, François Thion