Dans le débat sur l’ouverture des magasins deux dimanches par an, on pourrait croire que Genève s’apprête à généraliser le travail dominical. Ce n’est tout simplement pas le cas.
La votation du 14 juin porte sur une mesure limitée: deux dimanches par an, jusqu’à 17h00. Pas tous les dimanches, pas toute l’année et pas sans règles. Le personnel concerné ne pourra travailler que sur une base volontaire, avec un salaire doublé ou une compensation équivalente, sous contrôle de l’Etat. A ces conditions, Genève maintiendra un niveau de protection supérieur au droit fédéral et à la pratique de nombreux autres cantons.
Je comprends que le dimanche soit un jour particulier, mais il faut garder le sens des proportions. Deux dimanches avant les fêtes ne remettent pas en cause notre modèle social. Ils donnent simplement un peu d’air à nos commerces genevois confrontés à la concurrence en ligne, au tourisme d’achat et à une fréquentation fragilisée par les chantiers et les manifestations. L’enjeu concerne aussi les quelque 19 000 emplois du secteur à Genève, qu’il importe de préserver.
On peut défendre le repos dominical sans refuser toute adaptation raisonnable. Dans ce cas précis, il ne s’agit pas d’une libéralisation massive, mais d’une solution ponctuelle, encadrée et utile. C’est précisément parce qu’elle est limitée qu’elle mérite d’être soutenue.
Mario Marchesini,
vice-président PVL Genève