Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Boycotter Mepha-Teva (1/3)

Composé de professionnel·les des soins et du social, le groupe Santé social pour la Palestine (SSPP) appelle au boycott de Teva-Mepha, leader des génériques en Suisse, dont les bénéfices soutiennent l’effort de guerre israélien. Le collectif revient sur sa table ronde d’avril, premier volet d’une série de trois agoras.
Genève 

Les souffrances de la population de Gaza ont quitté la une des journaux pour faire place à celles qui touchent le Soudan, l’Iran ou le Liban. Pourtant, à Gaza, le cessez-le-feu est aléatoire et la situation sanitaire déplorable. C’est dans ce contexte qu’est né le groupe «Santé-social pour la Palestine» (SSPP), à Genève, il y a quelques mois. Notre collectif souhaite rassembler les travailleur·euses de la santé et du social solidaires avec la Palestine de manière à rendre leur engagement plus visible. En lien avec nos professions, nous avons décidé de commencer par intensifier le boycott des médicaments Mepha-Teva, une campagne lancée par BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions) en Suisse il y a plusieurs années, mais restée jusqu’ici plutôt confidentielle.

Pourquoi s’attaquer aux médicaments génériques les plus consommés en Suisse? Pour préciser les raisons de ce boycott, nous avons organisé une table ronde le 28 avril 2026 à la Maison des associations. Rania Madi (Collectif urgence Palestine, CUP) nous a rappelé la catastrophe sanitaire à Gaza.

Pour Mary Honderich (BDS), le boycott est l’action que nous pouvons mener depuis chez nous. Pour être efficace, il doit être visible et ciblé. Boycotter les médicaments Mepha-Teva implique de trouver des allié·es parmi les soignant·es, les pharmacien·nes et la population. Si cette démarche vise le désinvestissement et les sanctions, elle commence d’abord par la dénonciation d’une entreprise complice du gouvernement et de l’armée israéliens.

Le professeur de médecine Pietro Majno-Hurst (Swiss health workers against genocide, SHWAG) estime que nous devons prendre la parole là où nos autorités, par leur silence, se font complices. Or Teva apporte un soutien important au génocide en cours à Gaza. L’entreprise parraine notamment le programme «Adopt a Battalion» via un sponsorat direct et offre un soutien moral aux soldats israéliens; ses employé·es mobilisé·es par l’armée continuent de percevoir leur salaire avec la garantie de retrouver leur poste; enfin, par ses impôts en Israël, l’entreprise finance la politique génocidaire de Netanyahou. Depuis le rachat de Mepha par Teva en 2011, l’achat d’un médicament de cette marque revient donc à participer au financement de l’armée israélienne. Pietro Majno souligne l’importance de fonder le boycott sur des informations fiables et vérifiables, afin d’oser les divulguer et de choisir… son générique.1>Une excellente source d’informations sur Teva: www.sykehusinnkjop.no/nyheter/nyheter-2024/gransking-teva/ (pdf)

Le médecin participant à titre personnel à cette table ronde travaille aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Il témoigne des obstacles rencontrés dans la recherche de transparence quant à l’origine des médicaments et du matériel médical utilisés par l’institution, tout en soulignant qu’il est possible d’être entendu. Pour preuve, il a récemment été décidé de ne pas reconduire un contrat entre les HUG et une entreprise israélienne.

La pharmacienne explique comment elle invite les client·es à choisir un générique autre que Mepha-Teva quand c’est possible. Dans sa pharmacie, aucune publicité n’est faite pour la marque. Il reste à voir comment sensibiliser d’autres pharmacien·nes au rôle de l’entreprise israélienne en Palestine. Après ces prises de parole, le public est invité à utiliser le matériel de boycott mis à disposition par le groupe SSPP – stickers, affichettes, badges, «lettre aux autorités» à faire signer.
Après notre participation au cortège du Premier mai, nous allons discuter avec nos pharmacien·nes et nos concitoyen·nes, avons prévu d’interpeller nos autorités, d’étendre le boycott à d’autres cantons et de motiver les journalistes à investiguer. Rejoignez-nous!

Notes[+]

sante-social-pour-la-palestine.ch