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Face au G7: dénoncer l’intolérable

Positionnement commun des artistes, des acteur·ice·x·s culturel·le·x·s et des espaces d’art et de culture de Genève face à l’intimidation et à la répression, pour la liberté de manifester et la liberté d’expression.
Manifestation

Genève, le 27 mai 2026.

En 2003, le monde se soulevait contre la guerre impériale en Irak et Genève sortait sa première loi «anti-manifs», réponse répressive à la foule qui exprimait son désarroi face aux systèmes mortifères des dirigeants du G8. En 2026, les grandes puissances occidentales font des profits sur le génocide du peuple palestinien et s’entendent pour détruire le droit international en multipliant les ingérences impérialistes.

Au moins cinq des Etats membres du G7 sont aujourd’hui en voie de fascisation. Politiques racistes, islamophobes, LGBTQphobes, validistes, anti-écologistes, violences aux frontières, violences sexistes et sexuelles, discriminations contre les personnes en précarité, répression et censure des journalistes et des contre-pouvoirs… Les problématiques de fond sont invisibilisées au profit de propagandes sécuritaires: la haine et le mensonge sont au service de la domination capitaliste et des multinationales.

Dans ce contexte de montée des extrêmes droites, la Suisse n’est pas en reste avec des initiatives xénophobes et anti-populaires comme celle de la Suisse à 10 millions, et sa complicité sournoise avec l’impérialisme et les violations du droit international et du droit humanitaire à Gaza, au Soudan, en RDC.

En 2003, dans son film Paul s’en va, le cinéaste Alain Tanner invitait les artistes et le public à dresser un «inventaire de l’intolérable»: «du grand intolérable au petit intolérable qu’on tolère tous les jours». Il résumait ainsi le rôle des artistes d’observer les évènements, de les soumettre au travail artistique et de les restituer au public sous forme d’objets culturels critiques et lucides. Comme en 2003, en ce mois de juin 2026 nous rejoindrons les rues pour dresser avec tou·te·x·s un nouvel inventaire de l’intolérable.

Intolérable est la présence parmi nous des dirigeants du G7. Intolérable est la tentative des autorités suisses et genevoises d’en tirer profit pour renforcer la répression et contenir l’indignation.

Intolérables sont les mesures antidémocratiques des autorités genevoises pour cantonner les manifestations dans un espace restreint, intolérables ces violations du droit de manifester et de la liberté d’expression.

Intolérables sont les menaces aux subventions, les violations du droit du travail et les intimidations qui visent les artistes indociles.

Intolérables les interdictions de «tout message à caractère politique» dans les bâtiments du réseau HES-SO Genève; intolérable, le moratoire sur les «événements ouverts au public» pendant la durée du G7 dans les bâtiments de l’université de Genève.

Intolérable et alarmante connivence pour le pire entre les pouvoirs politiques, policier et les lieux de formation. Nous ne tolérerons pas l’installation à Genève d’un système autoritaire, ni le démantèlement des droits démocratiques.

En soutien aux revendications de la coalition NO-G7, nous demandons aux autorités du canton et de la Ville de Genève d’autoriser la grande manifestation du 14 juin sur les deux rives de la ville. Cette manifestation accueillera plusieurs dizaines de milliers de personnes de tous âges, dont des familles, et a besoin d’espace pour se déployer en toute sécurité. Par leur refus, les autorités genevoises cherchent à faire taire et à invisibiliser un mouvement qui ne souhaite que construire un monde plus juste. Nous demandons aussi la tenue du Village, espace convivial et culturel ayant pour vocation de favoriser les échanges, le débat et le développement des esprits critiques.

Le 14 juin, nous, acteur·ice·x·s culturel·le·x·s prendrons part à la manifestation à Genève pour continuer à dénoncer l’intolérable. Nous invitons tout le monde à rejoindre les mobilisations et les débats organisés par la coalition NO-G7 afin d’inventer ensemble de nouvelles formes de luttes pour renverser les systèmes de domination et la dérive vers l’autoritarisme.

Premiers signataires:
Vincent Bertholet, musicien
Pierandré Boo alias Greta Gratos, artiste polymorphe
Jorge Gajardo, historien et critique culturel
Vidya Gastaldon, artiste et auteure
Julie Gilbert, autrice
Lucie Landolt, étudiantex en arts visuels
Gabriela Löffel, artiste plasticienne
Daniel de Roulet, écrivain
Zoé Sjollema, comédien·ne et musicien·ne
Julien Tsongas, artiste créateur, comédien, syndicaliste
Maria Watzlawick, programmatrice cinématographique

Liste complète des signataires: urlr.me/x9tuPS