Voici trois ans, je suis parti du lac Léman pour une traversée en montagne, Après 14 nuits en bivouac, enfin le Cervin, Zermatt! J’avais envie d’une douche chaude à l’hôtel. Mais la chambre disponible la moins chère était proposée à 260 francs.
Heureusement, à Zermatt, il y a un super camping une étoile, avec un accueil chaleureux à 25 francs la nuit. Le camping était presque plein et la plupart des campeurs étaient des jeunes avec peu de moyens, mais qui aiment la montagne.
Trouver une telle variété d’accueil en Suisse est une richesse. En moyenne, chaque citoyen suisse consomme l’équivalent de trois fois ce que génère la Terre en une année. Le bilan écologique d’une nuit sous tente va donc dans le bon sens.
Malheureusement, le camping de Zermatt, comme une dizaine d’autres campings en Valais, n’a pas été autorisé à rouvrir en 2026. Un joli paradoxe pour une Suisse qui se dit «durable et écologique». Les autorités cantonales les ont fermés par mesure de sécurité!
La sécurité et la durabilité sont aussi des causes essentielles pour l’UDC, qui soumet le 14 juin en votation un texte pour limiter à 10 millions le nombre d’habitant·es en Suisse.
Pourtant ne serait-il pas plus pertinent pour notre sécurité de trouver des solutions pour limiter notre empreinte écologique et diminuer les inégalités sociales en Suisse? Croire que limiter le nombre d’habitants garantirait notre sécurité est illusoire.
A quand un texte de votation visionnaire et humaniste, où l’entraide prendrait le pas sur la compétition et le toujours plus.
L’avenir doit se construire ensemble. Laissons la montagne et la Suisse accessible à ceux qui la méritent. Nous tous!
Yves Batardon,
Soral (GE)