Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Un service utile à la société

Michel Monod voit d’un mauvais œil une éventuelle modification de la Loi sur le service civil.
Référendum

Je lis que les sondages ne sont pas favorables à ce référendum. Je suis inquiet et affligé car je souhaite un large mouvement en faveur de cette campagne de votation pour la défense du service civil. L’engagement des jeunes pour un service à la société ne doit pas être découragé mais plutôt facilité. Le service civil est un service à la société, une alternative au service militaire qui entretient l’illusion que les armes font la différence entre le faible et le plus fort par la violence des armes.

Dans les messages d’actualité sur la guerre, je ne vois et n’entends que ripostes et revanches qui ne font qu’augmenter la haine réciproque et la recherche de capitulation de l’adversaire. Ces efforts dont la vanité est manifeste ne font qu’augmenter les destructions, les morts et les blessés des deux côtés. Chacun se vante d’avoir un armement plus puissant et plus létal que l’autre. C’est à cette absurdité que nos jeunes sont invités à participer pour la défense de la patrie. De plus en plus de jeunes refusent cet engagement délétère et préfèrent un service utile à la société et pour la paix.

Pour la défense de la patrie, il vaudrait mieux se baser sur des expériences de défense civile, comme la libération de l’Inde du colonialisme britannique par Gandhi ou la fin de l’occupation allemande au Danemark et en Suède pendant la seconde guerre mondiale. De même, sous occupation soviétique, la Lituanie et Vaclav Havel en Tchécoslovaquie ont dissuadé l’armée de se maintenir dans leur pays sans un coup de fusil. Ils ont seulement organisé des manifestations de masse et des actes de résistances civiles. Lech Walesa a aussi obtenu l’indépendance de son pays la Pologne, sous emprise soviétique, par des grèves des ouvriers de la métallurgie.

La Suisse pourrait utiliser ses talents de négociation pour faire valoir ses bons offices à son avantage et l’avantage de ses adversaires. La Suisse ne manque pas d’arguments économiques et politiques.

Michel Monod,
membre du Centre pour l’Action non violente et du Groupe Suisse sans armée