L’initiative UDC ne stoppera pas les flux migratoires. Elle ne fera que les déplacer.
Le Royaume-Uni a tenté l’expérience avec le Brexit: l’immigration n’a pas disparu. Elle s’est transformée. Plus de clandestinité, plus de travail au noir, plus de statuts précaires.
C’est exactement ce qui nous attend. Si l’économie suisse a besoin de main-d’œuvre, elle la trouvera autrement: davantage de frontaliers, davantage de travailleurs détachés, davantage de saisonniers déguisés, davantage de sous-traitance étrangère.
Et, au bout de la chaîne, davantage de travail au noir.
On peut réduire l’immigration officielle sur le papier. Mais on ne supprime pas un besoin économique par un slogan. On le déplace vers des formes moins visibles, moins contrôlées, moins protectrices.
Voilà le vrai risque de l’initiative UDC: non pas moins de migration, mais une migration plus opaque, plus précaire et plus difficile à maîtriser.
Les Britanniques regrettent majoritairement leur décision. Ne les rejoignons pas dans cette désillusion.
Miche Roche,
secrétaire général, Parti Vert’libéral genevois