Du 20 au 22 avril aura lieu l’annuel Global Commodities Summit au Beau-Rivage Palace à Lausanne. Organisé par le Financial Times, ce sommet réunit des dirigeant·es d’entreprises de négoce, des représentant·es des milieux financiers ainsi que des personnalités politiques. Stop Pillage tiendra son contre-sommet annuel du 17 au 19 avril et appelle à se mobiliser pour dénoncer tous les impérialismes, et celui de la Suisse en particulier. Coup de projecteur sur le programme de l’édition 2026.
Fascisme et impérialisme, quelles affinités? Nous vivons depuis 2008 une crise prolongée du capitalisme. Incapable de renouer avec une croissance soutenue, ce système qui dépend de l’accumulation massive des profits est entré dans une longue phase de stagnation, laissant place à une intensification des rivalités entre grandes puissances et au déclin relatif de l’hégémonie des anciennes puissances impérialistes du G7. L’échec des classes dominantes à résoudre les catastrophes qu’elles ont elles-mêmes engendrées – à commencer par la destruction environnementale – a provoqué une crise de leurs partis traditionnels, ouvrant la voie à l’essor d’extrêmes droites qui portent les traits d’une forme de fascisme renouvelée.
Dans ce contexte, le retour des guerres inter-impérialistes à large échelle n’a rien d’accidentel. Elles constituent pour les classes capitalistes un moyen de répondre à la crise en tentant de restaurer les taux de profit, par l’extension de leurs zones d’influence et l’exploitation effrénée des ressources naturelles et des populations. Les guerres meurtrières d’aujourd’hui montrent la brutalité de ce système: de celle menée par la Russie contre l’Ukraine au génocide du peuple palestinien à Gaza, en passant par les bombardements visant l’Iran et le Liban, ou encore les interventions des Etats-Unis en Amérique latine.
La conférence d’ouverture tentera d’éclairer la nouvelle phase de l’impérialisme étatsunien à travers le cas du Venezuela, tandis que celle de clôture interrogera les affinités entre fascisme et impérialisme. Une exposition visera également à démontrer la participation de la Suisse au génocide du peuple palestinien.
Banques, négoce et multinationales: dénonçons l’impérialisme suisse. Alors que des massacres se déroulent sous nos yeux, les géants du négoce se réunissent pour discuter de la poursuite de leurs profits sur la vente des matières premières, et ce, dans le paradis des traders, la Suisse, première place mondiale du secteur, qui participe directement au pillage des ressources des pays du Sud. Par exemple en République démocratique du Congo, où trois sociétés helvétiques contrôlaient plus de 70% des mines de cobalt en 2024. Cette problématique sera abordée par le FreeCongo Kollektiv, la Congo Basin Alliance et Public Eye lors d’une conférence dédiée au rôle des entreprises suisses dans l’exploitation des ressources de ce pays.
L’impérialisme suisse repose également sur la domination des marchés de la périphérie par l’exportation des capitaux et l’implantation de multinationales à l’étranger. Ces filiales fondent leurs profits sur l’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché et sur des pratiques dévastatrices pour l’environnement. La pollution de l’eau par ces sociétés sera au cœur de notre week-end, avec une table ronde qui reviendra sur les luttes en cours en France et en Suisse contre les dégâts produits par Nestlé Waters et Syngenta. Nous y dénoncerons aussi les investissements controversés des banques suisses, par exemple dans le système de l’ICE aux Etats-Unis, qui réprime et déporte massivement les personnes migrantes. Cette thématique sera au centre d’une table ronde animée par des militant·es antiracistes et des syndicalistes venu·es spécialement de ce pays.
Une manifestation contre le pillage des matières premières. Pour clore ce week-end de résistance, Stop Pillage appelle à une manifestation le lundi 20 avril à Lausanne. Le cortège partira à 18h de la place du 14 Juin jusqu’à Ouchy, devant le sommet des traders, pour dénoncer l’extractivisme et l’impérialisme, exiger le démantèlement des géants suisses du trading et du paradis fiscal helvétique, et revendiquer le droit à l’autodétermination des peuples et leur souveraineté sur leurs propres ressources. Mobilisons-nous pour un autre modèle économique, fondé sur la justice sociale et climatique!