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Bas les masques

Claude Dessimoni regrette les distorsions qui ont animé la campagne contre l’initiative pour des multinationales responsables.
Epidémie

Merci au Courrier d’avoir publié un utile rappel dans sa rubrique «Agora» du 2 décembre sous la plume de M. J.-B. Waeber que la démocratie suisse «est en partie pervertie par l’argent» et qu’«elle l’est aussi quand ses élites, au plus haut niveau, mentent de manière éhontée».

La campagne animée qui a précédé le vote sur l’initiative «Multinationales responsables» aura au moins eu cet avantage de faire tomber quelques masques de pseudo-respectabilité gouvernementale (ou parlementaire, dans le cas de Mme Isabelle Chevalley). Depuis quatre ans, les médias dominants s’en donnent à cœur joie pour dénoncer et se gausser des dites fake news de Mr Trump. Ils sont beaucoup moins prompts à relever celles proférées par nos plus hautes autorités (le terme «élites» me semble ici usurpé) dans leur rôle, pour une fois assumé, de chiens de garde du pouvoir économique privé dans ce pays. On a pu vérifier là, en pleine lumière – ce qui est rare – qui tient la laisse et qui est payé pour aboyer.

Autre exemple de désinformation, un peu plus subtil celui-là, quand M. Philippe Revaz, au TJ de 19h30 du 2 décembre, annonce tout sourire et les yeux dans les yeux, que la Grande-Bretagne sera le premier pays au monde à sauter le pas de la vaccination de masse contre le Covid-19. Ce que confirme indirectement un spécialiste des vaccins invité à s’exprimer pour l’occasion, sans mentionner que tant la Chine (fin octobre) que la Russie (fin novembre) ont déjà pris cette même décision quelque temps auparavant. Alors, retour à une forme larvée de Guerre Froide, ou simple défense par le mutisme des intérêts de grandes pharmas occidentales, à l’affut d’un juteux marché financé par nos impôts? Un peu des deux sans doute. Le mensonge par omission est plus pervers que celui de Mme Keller-Suter énonçant face caméra de grossières contre-vérités qu’on peut immédiatement identifier et dénoncer. Il biaise la réalité par l’absence volontaire d’informations complémentaires ou alternatives, pourtant connues du journaliste, mais qu’il suppose ignorées du lecteur/auditeur/spectateur lambda.

Rien de nouveau sous le soleil de l’information médiatique, dira-t-on. Il est pourtant utile de relever de telles distorsions et manquements à la simple vérité quand elles sont aussi flagrantes.

Claude Dessimoni,
Genève

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