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Un achat à contresens

Michel Monod doute du bien-fondé de l’achat de nouveaux avions de combat.
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Au sujet de la votation concernant le référendum du Groupe suisse sans armée (GSSA) contre l’achat de nouveaux avions de combat pour remplacer les FA18 arrivés à obsolescence, je note qu’un sondage indique qu’une faible majorité de citoyens refuseraient de se prononcer contre cet achat. Je suppose que l’argument de la sécurité l’emporte sur l’ampleur des dépenses consenties qui se chiffrent en milliards. Je partage le besoin de sécurité qui est primordial, mais je reste étonné de ce choix, car ces avions super-sophistiqués sont à mon avis plus un danger pour la sécurité qu’une garantie. Ils font partie de l’en-grenage de la course aux armements qui risque de nous anéantir plutôt que nous protéger. L’utilisation de ces avions de chasse contre un ennemi supposé est une provocation qui amènerait une riposte immédiate du plus fort et du mieux équipé militairement que notre armée.

Souvenons-nous de cette situation délicate survenue à la frontière turque lorsqu’une escadrille de chasse turque a abattu un Sukhoi russe engagé par mégarde en territoire turc. Heureusement le gouvernement russe a reconnu l’erreur du pilote, mais que se serait-il passé si l’intrusion avait été volontaire, ce qui était vraisemblable, car les deux pays étaient en conflit en Syrie. Un embrasement mondial aurait pu en résul-ter. Plutôt que d’abonder dans les dé-penses militaires et nourrir la spirale des armements, il vaut mieux favoriser les mesures d’apaisement, ce que les Suisses savent faire le mieux à travers le dialogue dit humanitaire et les entre-tiens diplomatiques. Ella Gandhi, la petite fille du Mahatma, nous invite à la prévention des conflits en se consa-crant davantage à l’élimination de la misère qu’à l’illusion de rester le plus fort en toutes circonstances.

Michel Monod, membre du Mouvement international de la réconciliation,
Le Lignon (GE)

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