Édito

A reculons, comme une écrevisse

A reculons, comme une écrevisse 1
KEYSTONE/IMAGE D'ILLUSTRATION
Votations

Il en aura fallu du temps. Le Conseil fédéral a annoncé mercredi le report, à septembre au plus tôt, des sujets mis en votations fédérales le 17 mai prochain. Une simple question de bon sens. Comment imaginer dans l’atmosphère de psychose actuelle débattre d’un sujet aussi important que l’initiative de résiliation des accords bilatéraux avec l’Union européenne lancée par l’Union démocratique du centre?

Mais le gouvernement fédéral y a été à reculons. Un peu comme les Chambres qui ont tranquillement continué leurs travaux la semaine passée alors que le pays était mis en quarantaine. Un exemple désastreux: comment faire comprendre ensuite aux responsables d’entreprises qu’il est urgent de descendre le rideau et de renvoyer tout le monde à la maison si les élus continuent de vaquer tranquillement à leurs occupations.

C’est que le problème est double: pas question, dans la Suisse libérale, de tirer sur le frein d’urgence de la machine économique. Et le fédéralisme favorise de surcroît ce genre de cacophonie. De fait, mercredi, les autorités genevoises ont, de leur côté, enfin annoncé la fermeture des chantiers au bout du lac. Une mesure évidente mais qui semble encore hérisser ces Messieurs Dames à Berne, rétifs à proclamer l’état d’urgence dans le gros œuvre et l’industrie.

Ce qui ne veut pas dire que les autorités cantonales soient toujours les plus clairvoyantes. Elles qui se cramponnent à un autre scrutin: celui du deuxième tour des élections municipales, toujours d’actualité. Une absurdité. Dimanche dernier, certains bureaux de vote ont peiné à rester ouvert, le 15 avril ils risquent de rester fermé pour cause de manque de jurés électoraux. Comment imaginer faire voter les citoyennes et les citoyens en mettant carrément leur santé en péril? Enfin et surtout, comment garantir une campagne digne de ce nom et à même de cristalliser un vote en toute transparence?

La réponse actuelle – tout aurait déjà été dit au premier tour – tient de la mascarade. Dans ce cas, pourquoi prévoir un second tour? Cet attentisme bafoue tout simplement les institutions démocratiques.

Ensemble à gauche brandit la menace d’un recours. Gageons qu’elle n’aura même pas à être mise à exécution, une fois que les juristes de la couronne auront rendu leur avis. Ce report est non seulement indispensable, il est inévitable dans l’ordre juridique suisse. Se réfugier dans le déni ne sert à rien. Sinon à pourrir un peu plus une atmosphère qui n’en a pas besoin.

Opinions Édito Philippe Bach Votations

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